Denis LEROUX, président du Pays Horloger

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Denis Leroux espère la création officielle du PNR avant l'été.

Plus que quelques semaines à attendre avant la naissance officielle du Parc Naturel Régional (PNR) du Doubs Horloger dont les actions sont très attendues par tous les acteurs locaux impliqués.

Pouvez-vous nous rappeler l’historique de ce projet ?

Au début de cette belle aventure, c’est la Région qui était aux manettes pour lancer une étude d’opportunité afin de savoir si la création d’un PNR ici était judicieuse. Nous avons beaucoup observé ce qui s’est fait ailleurs jusqu’à présent, dans d’autres parcs en France mais aussi chez nos voisins suisses avec qui nous entendons bien sûr travailler plus étroitement encore dans ce nouveau cadre. De là se sont enchainés, diagnostic puis rédaction de la Charte le tout, confié au syndicat mixte du Pays Horloger.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

On arrive au terme d’un long processus de réflexion et de décision impliquant de nombreux acteurs du territoire. Les élus bien sûr mais aussi les milieux socio-professionnels et associatifs qui ont eu et auront à l’avenir toute leur place dans le Parc Naturel Régional du Doubs Horloger.

Depuis 2019 et l’avis intermédiaire favorable obtenu au niveau national, tout s’est accéléré… certes l’année dernière a un peu freiné la naissance du parc mais encore il y a quelques jours nous avons répondu positivement aux dernières demandes. Désormais, le dossier est sur le bureau du premier ministre qui doit prendre un arrêté de création du PNR. La décision finale devrait intervenir avant l’été.

Quels sont les grands principes et objectifs du PNR ?

94 communes réparties sur 6 communautés de communes ont validé leur adhésion au PNR après un long travail de présentation et de vote officiel par chaque conseil municipal.  C’est la récompense du travail de pédagogie et de concertation conduit tout au long de l’élaboration de la Charte. Ce document est en quelque sorte une constitution locale, un texte de référence fixant les grands objectifs, les moyens et donc la stratégie globale. Ce sera un fil conducteur pour les actions à venir en faveur du tourisme, des paysages, du patrimoine, des savoir-faire, horlogers notamment, de la promotion des produits locaux, des filières agricoles ou sylvicole…bref de tout ce qui peut valoriser le Parc Naturel du Doubs Horloger.

Demain, le PNR va être à leur service avec pour missions de préserver et valoriser les richesses communes que sont nos paysages et nos patrimoines naturel et culturel, en partant du principe qu’ils sont le levier de développement sur lesquels reposent notre industrie, notre agriculture mais aussi le tourisme.

Pourquoi et pour qui sera finalement ce PNR ?

Il est surtout pour la population car ce territoire est son lieu de vie. Et il faut bien comprendre que ce n’est pas un échelon administratif supplémentaire puisque dans le même temps le syndicat mixte du pays Horloger disparait. Il ne faut pas y voir un caractère contraignant bien au contraire… le parc est là pour rassembler, fédérer les politiques locales et apporter une plus-value à des nombreux acteurs locaux, que ce soient les collectivités mais aussi les associations, les établissements scolaires, les entreprises. Tous seront au fil du temps associés sur les actions qui peuvent les intéresser.

L’autre avantage d’un PNR est de construire, de coconstruire même avec ces différents acteurs locaux sur un temps assez long puisque la labellisation est dans un premier temps accordée pour 15 ans.

Quelles seront les grandes thématiques ?

Celle des usages des milieux naturels autour des différentes tensions qui existent autour d’usagers et de propriétaires aux intérêts différents. Une priorité : l’eau par exemple. Nous allons aussi assurer l’accompagnement des politiques touristiques pour développer un tourisme de nature basé sur la découverte des milieux naturels. Le PNR se doit aussi d’être un porteur de projets exemplaires en matière d’urbanisme.

Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines ?

L’heure est à la structuration de l’équipe tant au niveau des élus que des employés. Chaque commune a désigné ses délégués et des recrutements sont par ailleurs en cours. L’autre question qui nous occupera dans les trois ans est celle de l’implantation de la Maison du Parc. Tout un symbole puisqu’elle est un point fixe sur le territoire, une vitrine qui doit refléter notre identité. Sur ce point tout est envisageable, de la restauration d’un lieu existant à une construction nouvelle… les propositions seront les bienvenues pour trouver ce lieu d’information et de formation.