Des espaces ruraux en perpétuel mouvement

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Les espaces ruraux des premiers plateaux sont toujours prisés.

Ils avaient gagné de nombreux habitants dans les années 90 en raison de la périurbanisation mais la tendance semble s’inverser depuis les années 2010.

Pour cette nouvelle étude, l’INSEE s’est basé sur 18 espaces ruraux en Bourgogne-Franche-Comté. Cette étude met en valeur des disparités importantes entre les différents territoires, en fonction notamment de l’attractivité de l’emploi, souvent tenue par les grandes villes avoisinantes.
Le Doubs central (les premiers plateaux) notamment, demeure très attractif pour les familles pour plusieurs raisons. La première est l’offre résidentielle importante et des tarifs moins élevés que dans les grandes agglomérations avoisinantes. La deuxième est justement la proximité de non pas une mais deux agglomérations fortes et attractives d’un point de vue de l’emploi, à savoir Besançon et Pontarlier. La proximité de la Suisse n’est pas anodine quant au choix des actifs de s’installer sur cet axe Besançon-Pontarlier. La première couronne de Besançon est, qui plus est, très bien desservie par les transports en commun, autre critère décisif lorsqu’il s’agit de s’installer en milieu rural.
Dans les espaces ruraux, l’emploi se situe principalement en dehors des communes rurales, dans des bourgs et autres petits pôles d’activité. Les économies locales se différencient les unes des autres par leur profil sectoriel. Assez diversifié, il est loin de se limiter à l’agriculture. Certes, le secteur agricole est plus important qu’ailleurs, 10 % des emplois contre 4 % en moyenne en Bourgogne-Franche-Comté. Le poids de l’industrie et de la construction y est un peu plus élevé que dans le reste de la région. En revanche, le tertiaire marchand et non marchand est beaucoup moins présent.
En plus des grands axes pré-cités, les premiers plateaux ainsi que le Doubs sont animés par la proximité de pôles de moindre importance, comme Ornans et Valdahon par exemple. Malgré la variété de ces pôles d’emploi, les postes offerts sont moins diversifiés que dans le reste de l’espace rural et se concentrent essentiellement sur des emplois productifs. Localement, les emplois relèvent plus souvent de l’industrie et sont plutôt peu qualifiés. Le tertiaire reste sous-représenté. À l’exception de la petite ville de Valdahon, paradoxalement, l’emploi diminue y compris dans le commerce alors même que la population augmente.
Les actifs qui travaillent à l’extérieur sont plus souvent dans le commerce ou les services. Mais le profil industriel voire agricole du côté de la Loue reste très fort pour les navetteurs. Ces derniers utilisent un réseau dense de communication, très fréquenté notamment vers la Suisse.
Dans les espaces ruraux, près de 40 % des navetteurs mettent moins de 20 minutes pour rejoindre leur lieu de travail et 20 % d’entre eux, plus de 40 minutes, notamment les frontaliers.