Des maires ruraux inquiets mais combattifs

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De nombreux maires rendront leur écharpe dans quelques mois...

Assemble générale particulière cette année pour les maires ruraux puisqu’elle était la dernière de la mandature avant les élections de mars 2020 mais aussi la dernière du président emblématique Daniel Cassard qui quitte ses fonctions après 18 ans de bons et loyaux services.

Devant de nombreux maires, les parlementaires du Doubs ainsi que la présidente du conseil départemental et le Préfet du Doubs, c’est Bruno Todeschini, maire des Fins, commune hôte de cette réunion, qui a dressé un état des lieux sans concession de la situation des élus ruraux « fatigués, lassés, dépassés » pour bon nombre d’entre eux alors que lui-même avoue aimé profondément ce mandat. Il a détaillé les responsabilité et compétences à assumer et cumuler dans ses fonctions : « à la fois directeur général des services, directeur financier, directeur des ressources humaines, directeur des services techniques, directeur du centre social…et cela avec des astreintes semaines et week-end inclus ». Constat amer tempéré immédiatement avec humour : « Je pense avoir couru, vous me direz au moins ça entretient ma forme physique, après l’ensemble des animaux de l’arche de Noé : veaux, vaches, cochons, ânes, moutons, chèvres, chevaux et le plus folklorique à 3h du matin … un chameau tout droit venu du désert de Gobi en Mongolie ». Une face cachée de la fonction tout comme l’est la mission douloureuse d’annoncer un décès…

Comme tous les intervenants, le maire a donc appelé à une véritable reconnaissance de la fonction, « nous sommes la dernière barrière existante, le seul lien qu’il reste entre l’état et les administrés » et mis le doigts sur les réformes des dernières années et celles annoncées, impactantes pour les finances locales.  « Nous manquons de moyens financiers en premier lieu, mais aussi administratifs, judiciaires, sécuritaires et dans beaucoup d’autres domaines. J’aimerais réellement, que dans les changements à venir soit pris en compte cette solitude que nous ressentons, ce besoin d’appui, de connaissances et de ressources face à un monde de plus en plus normalisé et réglementaire » a-t-il détaillé avant de poursuivre : « Il est parfois difficile d’expliquer que nous ne pouvons pas intervenir dans tel ou tel domaine pour cause de transfert de compétence, pour cause d’intervention du département à tel endroit ou de règles édictées au niveau national et qui conviennent si peu à nos régions rurales à l’image de la loi Notre ou Alur légiférées pour s’adapter, avant tout, aux grandes métropoles ». Des mots et des maux partagés par l’ensemble des maires présents dont beaucoup rendront leur écharpe tricolore dans les mois à venir.