Des travailleurs toujours plus mobiles dans la région

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La vision de milliers de navetteurs chaque jour.

Quand on pratique la Cluse et Mijoux le soir vers 18h, on se doute que les navetteurs (à savoir les personnes travaillant hors de leur zone de résidence) sont nombreux.

La grande région Bourgogne Franche Comté compte plus de 420 000 personnes travaillant en dehors de leur intercommunalité de résidence. Cela fait dix que ce nombre connaît une constante augmentation. Les navetteurs représentent plus du tiers des actifs occupés de la région. Toutefois, sur la période récente, la tendance s’essouffle et est essentiellement portée par les travailleurs frontaliers, bien que cette catégorie d’emploi enregistre elle-aussi une légère baisse. Tout ceci représente quand même 420 000 navettes quotidiennes dont 94 000 traversent les frontières pour rejoindre, sans grande surprise et massivement, la Suisse voisine.

Des problèmes majeurs se posent

Au-delà de l’agacement légitime que peut poser ce nombre de véhicules quotidiens sur nos routes régionales qui provoquent des bouchons interminables, se pose un autre problème : la pollution et le prix d’un tel mode de déplacement. Combien de personnes seules voyons-nous à bord de leur véhicule personnel ? Plutôt que d’agrandir des routes, pourquoi ne pas faciliter le co-voiturage en créant des parkings gratuits à cet effet ? Et les transports en commun ? De ce côté-là aussi, il y aurait des progrès à faire !
Un autre inconvénient se pose : le coût. Le prix de l’essence flambe, et dans les ralentissements, la consommation de carburant peut grimper jusqu’à 88% en plus ! Une folie financière que beaucoup de ménages supportent de moins en moins facilement.
Il est temps de repenser notre façon de nous déplacer en la jouant collectif. Il devient urgent de réduire le nombre de véhicules sur les routes, surtout lorsque l’on sait, dans ces conditions d’emploi, qu’ils se déplacent majoritairement dans la même direction, aux mêmes horaires. A trois ou quatre dans une voiture, on divise d’autant les émissions de gaz à effet de serre et on se partage les frais d’essence. Et en plus, on peut tailler le bout de gras avec ses compagnons de route !
Et si on lançait un défi ? Que ces chiffres de navetteurs en constante progression depuis 10 ans connaissent enfin une baisse salvatrice, tout en maintenant un niveau d’emploi plus que satisfaisant. Si chacun met la main à la pâte, la tendance devrait enfin tendre vers le vert.