Distanciation sociale

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Les nouveaux dicos sont sortis. On y trouve les mots nouveaux témoins de notre temps.

Le confinement était connu. Aujourd’hui le déconfinement le rejoint avec quelques années de retard et tous nous l’attendions avec impatience. La déconfiture, mot du XIIème siècle, avait -à l’inverse- précédé d’un siècle la
confiture. Les temps changent…

Traçage numérique, féminicide, geste barrière, Covid millésimé, skype apéro, big data font leur entrée au Panthéon des mots illustres qui racontent notre histoire et les moments que nous venons de vivre.

Mais il y a plus accablant. Voilà qu’apparaît la distanciation physique et sociale. Sa juste mesure est évaluée à la louche et n’est pas conservée au Pavillon de Breteuil. Elle varie de zéro à quatre mètres selon les pays, selon les dictatures dont ils s’équipent, selon la cote de popularité de leurs gouvernants, selon les besoins du commerce, la date des prochaines élections et l’évolution des championnats en cours. Selon la vitesse du vent aussi et son influence aérodynamique sur le postillon du pays concerné.

Cette distanciation est une lourde menace pour la bise. On a découvert que beaucoup(e) en avaient marre de se faire baiser mais n’osaient pas le dire, quand d’autres la regrettent déjà.

Du sûr, c’est la mort du léchou de chez nous… Les gaillus qui courataient pour aller te biquer les blondes à bouche que veux-tu se retrouvent cul par-dessus tête.

Fini le Kâma-Sûtra des figures qui s’entre-mêlent. La bise est morte. Le patin, la pelle, la galoche formes aggravées et roulées de la bise n’y survivront pas non plus.

Les temps sont durs. Prenez soin de vous.

Bisous.