Distanciation

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Puisqu’il convient, en cette rentrée scolaire si particulière, de ne surtout pas s’écarter des théories officielles ou des discours académiques déclinés par nos chères élites, j’ai pris soin avant de rédiger cet éditorial, de me documenter assidument par le biais de différents dictionnaires, encyclopédies et récentes publications médicales.

Ainsi, je puis désormais écrire ce qui suivra en toute quiétude, sans risquer un potentiel procès en diffamation ni même avoir à craindre de recevoir un abondant courrier des lecteurs lundi prochain. (Encore que…)

« La distanciation physique, distanciation sociale ou éloignement sanitaire (en anglais : social/physical distancing) est une mesure visant à éloigner les individus les uns des autres, notamment à l’extérieur. C’est l’une des mesures non pharmaceutiques de contrôle des infections prises par les responsables de la santé publique pour arrêter ou ralentir la propagation d’une maladie très contagieuse comme les maladies infectieuses émergentes à l’instar de notre cher Covid-19.

L’objectif de la distanciation sociale est de réduire la probabilité de contacts entre les personnes porteuses d’une infection et d’autres personnes non-infectées, de manière à réduire la transmission de la maladie, la morbidité et la mortalité. C’est un des comportements-barrière qui participe à la réduction des risques sanitaires » peut-on lire sur les traditionnels ouvrages de référence.

Mais alors quid de l’immunité collective ?

L’institut Pasteur indique sur son site internet officiel :

« L’immunité collective correspond au pourcentage d’une population donnée qui est immunisée/protégée contre une infection à partir duquel un sujet infecté introduit dans cette population ne va plus transmettre le pathogène car il rencontre trop de sujets protégés. Cette immunité de groupe, ou collective, peut être obtenue par l’infection naturelle ou par la vaccination (s’il existe un vaccin).

Le niveau nécessaire pour passer ou rester sous le seuil épidémique dépend du taux de reproduction de base de la maladie (R0), c’est à dire du nombre moyen d’individus immunologiquement naïfs qu’un sujet va infecter après contact. Plus ce taux de reproduction de base est élevé, plus le pourcentage de sujets immunisés doit être élevé. Par exemple, le R0 de la grippe saisonnière = 2 ; du Covid-19 = 3,3 ; de la rougeole = 12-20. Le pourcentage de sujets immunisés nécessaire pour obtenir l’immunité collective est calculé comme suit : Immunité collective = 1 – 1/R0 ».

Vous suivez-toujours ? Alors continuons…

« Le calcul pour obtenir ce pourcentage permet d’obtenir les résultats suivants : 50 % pour la grippe, 70% pour Covid-19, 90 à 95 % pour la rougeole.

Tout cela ne vaudra pour Covid-19 , que si l’infection naturelle protège, ce qui n’est pour l’instant pas démontré, en particulier pour les sujets qui n’ont été que porteurs…

Enfin, le niveau d’immunité collective nécessaire pour stopper l’épidémie pourrait cependant être plus bas pour plusieurs raisons, notamment si le nombre de contacts avec les autres est très différent selon les personnes au sein d’une même population, ou encore si les enfants de moins de 10-12 ans sont moins susceptibles à l’infection par le nouveau coronavirus. Et bien sûr, s’il existe une protection croisée avec les coronavirus saisonniers ».

Ce que l’on ne sait pas encore…

Paradoxalement, en des lieux comme bon nombre existent encore dans notre région, où l’accès aux soins, aux services publics et à la technologie numérique est réduit (voire inexistant), la distanciation peut rendre plus difficile le suivi de la santé d’une population. Et donc s’avérer néfaste…

On peut aussi souligner certains inconvénients flagrants, imputables à la distanciation : solitude, réduction de la productivité (qui n’est que partiellement compensée par le télétravail et les téléconférences), hausse du chômage, baisse du moral des ménages, stress, anxiété, dépression, disputes, séparations, divorces, violences, etc…

Sans compter la perte d’autres « apports » non quantifiables liés aux interactions humaines ordinaires et quotidiennes. Comme les sentiments, les émotions, l’instantanéité, et tout ce qui peut en découler qu’il s’agisse entre autres, d’amour, d’amitié ou d’inspiration artistique. Toute médaille a son revers.

Alors s’il faut incontestablement rester prudent, il nous appartient aussi de ne pas trop prendre nos distances avec le rapprochement sinon l’union des cœurs, des âmes et des esprits.

Une concorde indispensable à la perpétuation de notre espèce et à la poursuite de l’évolution de notre humanité…

Cyril Kempfer