“Dry january” ou “Binge drinking”

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consommation alcool en BFC
En Bourgogne Franche-Comté, le vin vient en tête des boissons alcoolisées - photo d'illustration

Santé Publique France vient de publier une étude portant sur la consommation d’alcool en France, région par région en 2017. L’agence sanitaire évoque aussi 41 000 décès dus à l’alcool en 2015 (30 000 chez les hommes et 11 000 pour les femmes). La Bourgogne Franche-Comté, terre viticole se situe dans la moyenne nationale.

La polémique autour de l’opération « Dry January » donne plus de pertinence à une étude scientifique qui place la France dans la moyenne des pays européens. La consommation d’alcool tend à s’uniformiser sur le continent entre les cultures latines aux fortes traditions viticoles et un modèle anglo-saxon à la consommation moins fréquente mais en plus grande quantité.

8.9% des adultes de Bourgogne Franche-Comté consomment quotidiennement de l’alcool

La moyenne nationale se situe autour de 10% et cache des disparités importantes entre les régions. L’Occitanie et la région Aquitaine dépassent 12% et la région Hauts de France affiche une consommation moyenne de 11,5%. Les Normands seraient plus sobres avec une consommation moyenne de 7.9%.

Le « binge drinking » touche également la Bourgogne Franche-Comté

Le terme anglo-saxon définit une consommation d’alcool ponctuelle mais en quantité importante. Il s’agit de la consommation mensuelle de 6 verres ou plus en une seule occasion. Là encore, la région BFC se situe dans la moyenne nationale avec une consommation ponctuelle importante de 16,9% quand la moyenne nationale s’établit à 16,2%. Ces « abus » ponctuels tendent à augmenter dans toutes les régions et se retrouvent dans les accès aux urgences dans les hôpitaux.

Les jeunes bourguignons et francs-comtois particulièrement sollicités

L’expérimentation à l’alcool des jeunes de 17 ans (avoir consommé au moins une fois de l’alcool dans sa vie) représente 85,7% des adolescents. En Bourgogne Franche-Comté, ce pourcentage monte à 87,6%, toutefois encore loin des Bretons (93,7%) ou des jeunes des Pays de Loire (92,2%)

On boit du vin en Bourgogne Franche-Comté

Ce n’est pas une surprise dans une grande région qui compte des terroirs prestigieux comme la Bourgogne ou le Jura. La consommation hebdomadaire Les chiffres sont toutefois en deçà de régions non viticoles comme la Bretagne. La consommation hebdomadaire de vin se situe à 28,4% dans la région contre 35,8%  en Bretagne, pourtant peu réputée pour ses vignobles. La bière très présente dans les Hauts-de-France et le Grand-Est ne représentent que 15,9% des consommateurs de notre région. Les alcools forts n’y sont pas plus consommés qu’ailleurs hormis en Normandie le pays du Calvados.

La Bible prétend que Noé planta le premier cep de vigne après le déluge. Dans la Genèse, l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal serait une vigne. Alors Gentiane ou Absinthe, Chardonnay ou Savagnin, bières d’abbayes ou artisanales, notre terroir demeure riche de ses appellations. Besançon ne fait pas exception, les vignes de Velotte sont la preuve du passé viticole de la capitale comtoise. Sans le « dry january » punitif, et le « binge drinking » excessif, une consommation d’alcool épisodique et raisonnable est aussi une communion entre les Hommes et la célébration de la vie.

Yves Quemeneur