Economie en Bourgogne Franche-Comté, un bilan mitigé

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L’INSEE régionale dresse un état de lieux  sur l’année 2020 et le premier trimestre 2021 en demi-teinte. Depuis le début de la crise sanitaire, l’économie régionale tourne au ralenti.

L’activité économique de Bourgogne Franche-Comté a été brutalement touchée par la crise sanitaire. Le taux de chômage est au plus bas. Mais il reflète plus un arrêt dans la recherche d’emploi pendant les différents confinements plutôt qu’un marché du travail dynamique, souligne l’INSEE.

Si les emplois progressent dans la construction et le tertiaire non-marchand (administration publique, enseignement, santé humaine, action sociale…) ils ne permettent pas de compenser les pertes d’emplois dans les autres secteurs, notamment dans l’industrie. On constate une augmentation importante de créations de microentreprises, des anciens salariés cherchant à créer leur propre emploi. Et sous le coup des restrictions sanitaires, la fréquentation touristique dans la région s’est effondrée comme l’industrie aéronautique fortement impactée par l’arrêt brutal du transport aérien.

Pour Bertrand Kauffmann, Directeur régional de l’Insee Bourgogne Franche-Comté, « l’année 2020 a été l’une des plus chahutée économiquement depuis plusieurs décennies. Notre région n’a pas encore retrouvé son niveau d’activité d’avant la crise. Face aux difficultés sectorielles propres à la région, le territoire a également montré une très forte résilience ». Selon le directeur régional de l’Insee « la Bourgogne Franche-Comté peut s’appuyer à la fois sur des potentialités internes, un tissu productif varié et des agrégats économiques plutôt meilleurs que dans d’autres régions. La Bourgogne Franche-Comté pourra tirer profit de la reprise économique des territoires voisins ».

Les amortisseurs sociaux fortement sollicités

La crise économique engendrée par la Covid-19 a eu des répercussions sociales importantes. Les budgets sociaux des collectivités territoriales ont été durement impactés, en particulier dans le département du Doubs où les bénéficiaires du RSA ont augmenté de plus de 9%. La jeunesse a été très touchée par la crise, notamment par la chute de l’emploi dans l’intérim et bien entendu dans la restauration, deux secteurs habituellement pourvoyeurs d’emplois jeunes. Le recul du niveau de vie a accéléré la crise économique.

Dans son tableau de bord de la situation économique en Bourgogne Franche-Comté publié fin juin 2021, l’Insee fournit quelques chiffres clefs pour une évolution plutôt optimiste de la situation des entreprises et des emplois.

Au 1er trimestre 2021, l’emploi salarié total dans la région est de 961 000 salariés (dont 723 000 dans le secteur privé). Avec 192 000 emplois, le département du Doubs talonne la Côte d’Or (215 000 emplois) mais recule de 0.3% sur la période alors que la Côte d’Or progresse de 0.2%.

En parallèle de la hausse des microentreprises, la région BFC a enregistré 7 572 créations d’entreprises sur le premier trimestre 2021 et constaté la disparition d’environ 1 000 entreprises. L’absence de défaillances est surtout la conséquence de la politique du « quoiqu’il en coûte » (exonérations ou reports des charges et impôts, prêts garantis par l’Etat, chômage partiel…)

En variation annuelle, c’est l’industrie qui souffre le plus, perdant près de 2% de ses emplois (165 400 emplois).

Le nombre de demandeurs d’emplois (catégories A, B et C) inscrits à Pôle Emploi a augmenté de 8.5% sur une année dans le département du Doubs. Aucun des quatre départements francs-comtois ne tire son épingle du jeu à l’exception de la Haute-Saône dont l’augmentation des demandeurs d’emplois n’ait que de 5.4%. En variation annuelle (1er trimestre 2021/1er trimestre 2020), le nombre de demandeurs d’emplois toutes catégories confondues a progressé de 6% à 221 660 à la fin du premier trimestre 2021.

La Franche-Comté dispose de multiples atouts et les plans de relance de l’Etat, de la région et des collectivités territoriales devraient accélérer la reprise économique. Toutefois, l’activité industrielle repose en grande partie sur le secteur automobile et dans une moindre mesure sur l’aéronautique, deux secteurs industriels pointés du doigt par certaines politiques « décroissantes ». Quant à l’horlogerie, si son image est florissante, elle représente moins d’un millier d’emplois en Franche-Comté alors que plus de 11 000 travailleurs frontaliers travaillent dans le secteur de l’horlogerie suisse, soit un frontalier sur trois. Il est à espérer que la récente inscription des savoir-faire horlogers au patrimoine mondial de l’Unesco, aura pour conséquence de rendre plus attractif le territoire du Haut-Doubs, que l’on y travaille d’un côté ou de l’autre de la frontière.

Yves Quemeneur