Edito. Féminicide ou homicide, la guerre des mots

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L’actualité n’est jamais très loin à Besançon comme partout en France sur les violences conjugales. Alors que l’avocat médiatique de l’affaire Daval vient de sortir un livre sur son expérience dans la défense de Jonathan Daval  « Je voulais qu’elle se taise, la tragédie amoureuse d’Alexia et Jonathan », Randall Schwerdorffer devait dédicacer son livre à la librairie l’Intranquille à Besançon. Le libraire a annulé la séance devant les levées de bouclier des associations féministes. Pourtant, Morgane Branget (Osez le féminisme 25) affirmait le contraire « Nous n’avons pas fait pression sur le libraire et ne cautionnons pas les menaces sur les réseaux sociaux ». L’avocat évoque un crime d’amour. « On ne peut pas tuer une personne par amour » lui répond-elle. Il est vrai que pendant longtemps le crime passionnel était considéré aux Assises comme une circonstance atténuante. L’évolution en a décidé autrement et c’est bien ainsi. La définition du mot « homicide » est bien « une personne qui tue un être humain » qu’elle soit homme ou femme. Le « féminicide » (apparu dans le Petit Robert en 2015) ne peut être pénalement qualifié. Il s’agit bien du meurtre de femmes ou de jeunes filles du fait qu’elles sont des femmes. Le caractère genré du motif doit être présent. L’homicide ne fait pas de différence selon le sexe de la victime. En ce sens, certains juristes considèrent le « féminicide » discriminant à l’égard des hommes. Dans une publication du Dalloz Actualité parue le 19 novembre 2021, Clarisse Serre et Charles Evrard affirment « Oui, il est incontestable que la lutte contre les violences faites aux femmes doit être très nettement renforcée. Pour autant, le droit n’a pas vocation à être l’otage d’associations vindicatives, s’arrogeant le monopole de la représentation de la souffrance légitime des femmes et l’instrumentalisant pour faire prospérer leurs revendications militantes ».  

Au-delà des mots, il y a le choc des vies brisées : choc insupportable pour une société qui se veut civilisée.