Edito. L’ouverture d’un procès historique

84

Ce mardi 7 septembre au soir, l’équipe de France de football recevait la Finlande, pour une rencontre qualificative à la coupe du Monde 2022. En cours de match, les téléphones de millions de français ont vibré. Une notification, puis deux, pour annoncer ce mercredi 8 septembre 2021, l’ouverture du procès des attentats du 13 novembre 2015. Car six ans plus tôt, devant un autre match de football de l’équipe de France, les mêmes notifications relataient presque en temps réel, l’horreur causée par les terroristes, au Bataclan, devant plusieurs terrasses de cafés et aux alentours du Stade de France. Six années à attendre que la justice se prononce, après avoir notamment écouté le seul membre encore en vie des commandos qui ont tué 130 personnes lors des attentats de Paris et Saint-Denis, Salah Abdeslam.

L’audience, est aussi très suivie en Franche-Comté. Il y a six ans, Cédric Gomet, 30 ans, de Foucherans, présent au Bataclan ce soir-là, n’avait pas survécu à ses blessures. Lucie Dietrich, 37 ans, de Recologne avait été fauchée sur la terrasse du café Bonne Bière. Des dizaines de communions en soutien aux familles et en hommage aux victimes avaient été organisées, partout dans la région.

Le verdict ne tombera pas avant 9 mois, au minimum, soit en avril 2022. Une durée sans précédent pour une audience criminelle en France. La cour d’assises spéciale de Paris doit d’abord entendre les vingt accusés. Sur place 330 avocats, plus de 1800 parties civiles représentées et une charge émotionnelle encore plus grande. Le pays tout entier demande justice.

Martin SAUSSARD