Éditorial

Batifolage répréhensible...

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L’obligation de confinement s’avère pénible. Très pénible. Elle se supporte plus ou moins bien selon notre cadre de vie, selon si l’on possède une maison individuelle avec jardin, ou que l’on en soit réduit à se morfondre dans un petit espace en zone péri-urbaine.
Cela dit, et c’est valable pour tout le monde, il est vrai qu’après avoir oscillé depuis le matin, de la chambre à coucher, à la cuisine, en passant par le salon, pour retrouver cette même chambre à coucher le soir venu, il y a de quoi se sentir oppressé. Même en tentant de se divertir et de tromper l’ennui avec la télévision, internet, et en s’aérant une heure par jour…
Pour autant, ce n’est pas une raison pour briser la consigne stricte et claire de confinement imposée par l’État. L’inversion de la courbe des cas infectés, des hospitalisations et des décès dans notre pays est à ce prix…
A ce sujet, on note que depuis quelques jours, les services de Police et de Gendarmerie se retrouvent assaillis d’appels leur signalant fréquemment un barbecue improvisé entre deux ou trois amis, quelques jeunes (ou moins jeunes) rassemblés dans un square, ou un voisin qui aurait reçu la visite durant le week-end d’une demoiselle inconnue jusqu’alors de son voisinage…
Une recrudescence de la délation, certes aussi lamentable que regrettable, mais qui pointe cependant assez justement du doigt, l’indiscipline, l’irresponsabilité pour ne pas dire l’inconscience de quelques récalcitrants à la règle du “restez chez vous” mise en place pour le bien de tous… et indispensable à la survie des plus fragiles d’entre nous !
A ce sujet, un lecteur notoirement remonté, nous a récemment fait part de son refus d’assumer “au moins pendant 14 jours” la semaine de garde alternée de ces enfants, puisque son ex-femme a eu l’excellente idée d’aller passer la majeure partie du week-end dernier, à 60 kilomètres de chez elle, pour y rencontrer chez lui, celui qui au cours de la soirée allait devenir son “compagnon d’un week-end, et plus si affinités”…

“Elle a été subitement rejoindre un homme qu’elle a connu, depuis quelques jours seulement, via une célèbre application de “rencontres entre célibataires”. Le hic, c’est qu’il possède la spécificité d’exercer une profession particulièrement “exposée aux risques”. Et je vous fais grâce des détails quant à la promiscuité qu’ils ont nécessairement partagée durant ces 24 heures “confinés” ensemble… C’est simplement en ce sens que cela m’inquiète, le reste lui appartient…” souligne lucidement notre lecteur habituel.
Lequel poursuit dans sa missive :
“Le problème c’est que c’est en rentrant directement de chez lui, qu’elle est venue reprendre nos enfants communs le dimanche soir, à mon domicile, comme si de rien n’était…”
Aucunement jaloux de ce qui ne le concerne plus d’un point de vue amoureux, mais profondément désemparé par tant d’immaturité et d’irresponsabilité de la part de la mère de ses enfants, avec qui il partageait jusqu’alors une certaine confiance, ainsi qu’une régulière bienveillance financière, il conclut :
“Et bien puisque que c’est ainsi, je n’irai chercher mes enfants chez leur mère, seulement quand le délai de 14 jours sera dépassé ! C’est à dire quand je serai sûr que je ne risque pas de me retrouver, moi qui suis asthmatique, contaminé, mis en danger par le biais des batifolages de mon ex-femme, ni de propager le virus à ma compagne, à ses enfants, avant que cela ne se répercute sur toute la chaîne de la famille recomposée que nous formons : demi-frères, demi-sœurs, beaux-parents, etc… En clair, j’applique le principe de précaution !”
Au delà de l’amertume bien légitime ressentie par ce père de famille, soucieux de préserver la sérénité de son foyer, et sans aucunement vouloir jouer les redresseurs de tort, on ne peut que déplorer que l’unité nationale, la cohésion vers la raison, la discipline, la responsabilité et l’extinction de cette épidémie mortifère ne semblent pas être encore pour demain dans notre pays !
Mais à force de courage, de travail sur soi, d’honnêteté intellectuelle et si chacun parvient à cultiver un sens plus aigu de l’authenticité, je reste persuadé que le bout du tunnel n’est plus très loin et que l’on va bientôt y arriver…