Elizabeth Borne en visite au Valdahon

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Belle illustration du dispositif "un jeune, une solution" : Elizabeth Borne Ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion en compagnie de Toufik Chatmy, un jeune de Planoise qui est passé par l'école de maroquinerie d'Avoudrey ©YQ

La Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion était en visite ce vendredi 8 janvier dans les locaux de la société SIS au Valdahon, pour promouvoir le dispositif “Un jeune, une solution” et signer avec la région Bourgogne Franche-Comté un avenant au Pacte Régional d’Investissement des Compétences (PRIC) doté d’une nouvelle enveloppe de 29 millions d’Euros. Elle conforte les 252 millions d’euros déjà investis dans le pacte régional qui vient en aide aux demandeurs d’emploi, aux jeunes et aux salariés en reconversion. Le pacte accompagne les métiers en tension et porteurs d’emplois (BTP, Service à la personne ou maroquinerie) en renforçant la formation des jeunes et des personnes en recherche d’emploi. C’est au plus proche des territoires que les leviers de la relance seront les plus efficaces.

La ministre du Travail a profité de sa visite dans les locaux de l’entreprise SIS au Valdahon pour signer avec le Conseil régional de BFC l’avenant au pacte régional d’investissement des compétences d’un montant de 29 millions d’euros ©YQ

On pardonnera à la ministre polytechnicienne et Ingénieure des Ponts d’avoir écorché le nom de la capitale du plateau comtois en parlant de “Valadon” devant Sylvie Le Hir, la Maire du Valdahon qui avait, en quelques mots, vanté tous les mérites de ce gros bourg de 6 000 habitants à mi-chemin de Besançon et de Pontarlier.

Le choix pertinent de SIS

La société emploie aujourd’hui un millier de salariés sur quatre sites (Valdahon, Avoudrey, Etalans et Vesoul) Elle est spécialisée dans la maroquinerie de luxe (sacs, bracelets montres, gainerie). Ses clients sont parmi les marques mondiales les plus prestigieuses. Lorsque Jean-Pierre Tolo crée son petit atelier Supercuir en 1983 à Avoudrey, il porte déjà les valeurs qui vont faire le succès de SIS : savoir-faire de qualité et savoir-être. Présente sur les cinq continents, l’entreprise est attentive à sa responsabilité sociale et environnementale. Pour répondre à la demande d’exigence de ses clients, SIS crée en 2011 l’école de maroquinerie d’Avoudrey, pôle de compétence interne qui permet d’intégrer chaque année une centaine de nouveaux collaborateurs.

Christian Parrenin Président de SIS et Jean-Yves Chauvy Directeur général de l’entreprise au cours de la table ronde sur la formation en compagnie de la ministre du Travail ©YQ

Christophe Brun le directeur de l’école de maroquinerie connaît le monde de la formation. Il a été directeur d’un CFA. En dirigeant l’école d’Avoudrey, il donne ses lettres de noblesse à un métier exigeant où la passion du bien-faire et du bien-être sont essentielles. C’est aussi l’exigence de Christian Parrenin et Jean-Yves Chauvy, respectivement Président et Directeur général de l’entreprise.

Des témoignages éloquents
Toufik Chatmy a intégré l’école de maroquinerie d’Avoudrey (EMA) en août dernier avant d’être embauché chez SIS ©YQ

Ils viennent de tous les horizons, jeunes ou moins jeunes, en reconversion professionnelle, ils ont tous la passion d’un métier qu’ils découvrent chaque jour. C’est le cas de Toufik Chatmy qui habite le quartier de Planoise et fait la route chaque jour entre Besançon et Valdahon. Ils sont une dizaine issus de ce quartier sensible à travailler chez SIS. Toufik est la démonstration que l’ascenseur social fonctionne encore en France quand une entreprise sait associer qualité, rentabilité et humanisme.

L’entreprise qui sait être agile avec ses clients comme avec ses collaborateurs regrette toutefois toujours “trop de lourdeurs administratives”.

Sujet d’actualité oblige, la ministre a été interrogée sur “l’affaire du boulanger de Rivotte”. Elizabeth Borne, qui n’est pas énarque, n’a pas éludé la question. Si elle considère qu’un étranger qui suit une formation en France a vocation à rester sur le territoire, particulièrement dans les métiers où il est difficile de recruter – c’est le cas de la boulangerie -, elle a toutefois précisé qu’une procédure judiciaire était en cours et qu’à ce titre, elle ne pouvait pas se prononcer sur cette affaire précisément.

Une petite neige agrémentait la visite d’Elizabeth Borne au Valdahon. La ministre saura-t-elle convaincre la Maire de Besançon qu’une liaison routière fluide entre Besançon et la frontière suisse est aussi un gage d’attractivité pour les entreprises, et donc pour la formation et l’emploi ?

Yves Quemeneur