Emmanuel Perrin, président de l’ANCTC

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"Le comtois est la première race de chevaux de traits en France avec pas moins de 3000 naissances à l’année. Il est présent dans plus de 80 départements en France et s’exporte très bien"

Les 10 et 11 septembre aura lieu à Maîche le concours national du cheval comtois. Une grand-messe pour tous les passionnés de cette race devenue la première en France et dont les défenseurs ne manquent pas de projets.

Parlez-nous d’abord de l’histoire de ce cheval ?

Les origines du Comtois remontent loin dans le temps. Déjà à l’époque romaine, on parlait d’un petit cheval des montagnes de Franche-Comté réputé rustique et de bon caractère. Il a ensuite été adopté par les armées de Louis XIV, puis Napoléon Ier. Plus proche de nous, c’est en 1910 qu’a eu lieu à Maîche le premier concours d’élevage puis dix ans plus tard qu’a été créé le syndicat du cheval comtois devenu l’association nationale du cheval de trait comtois, l’ANCTC. Depuis un siècle justement, ce cheval de trait fidèle compagnon de labour a dû faire face à la motorisation de l’agriculture mais nous nous sommes battus pour qu’il reste bien présent.

Les résultats sont-ils au rendez-vous ?

Je pense que nous avons réussi puisque le comtois est la première race de chevaux de traits en France avec pas moins de 3000 naissances à l’année. Il est présent dans plus de 80 départements en France et s’exporte très bien, en Suisse, en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, en Roumanie ou encore en Belgique où a eu lieu cette année le premier concours de la race.

Comment expliquez-vous cet engouement ?

Ses qualités historiques sont toujours ses meilleurs atouts. C’est un cheval robuste, de bon caractère donc facile à utiliser comme aujourd’hui encore pour de petits travaux agricoles comme le débardage, les vignes, le maraichage, l’entretien des espaces verts, mais aussi pour les loisirs. En plus il est facile d’entretien. Aujourd’hui, même des jeunes agriculteurs qui s’installent ou des gens hors du monde agricole s’y intéressent ce qui n’a pas toujours été le cas. Et sa pérennité s’explique aussi par sa production bouchère.

Une date importante approche pour tous les amoureux de Comtois ?

C’est le concours national de la race les 10 et 11 septembre donc le rendez-vous incontournable pour tous les éleveurs de France et même d’ailleurs. En plus il se tient à Maîche qui est le berceau d’origine de la race. On y trouve tout simplement les plus beaux représentants avec 300 pouliches et poulinières le vendredi et 150 étalons le samedi. Des chevaux issus de nombreux concours de sélection qui ont eu lieu dans tout le pays afin de pouvoir arriver là.

Quels sont les projets de l’association ?

L’ANCTC aimerait voir se créer en Franche-Comté un circuit court de distribution de viande de chevaux comtois nés et élevés dans la région, avec une vraie traçabilité. Ce débouché est essentiel pour l’avenir économique de la filière. Et cette viande est reconnue pour ses qualités diététiques : elle est riche en fer et en acides aminés essentiels, pauvre en graisse avec surtout des acides gras essentiels. Le développement de produits dérivés à base de lait de jument fait aussi partie des dossiers en cours. C’est un lait très proche du lait maternel donc qui a de multiples avantages nutritionnels. Dans un autre registre, il peut aussi être utilisé pour créer des savons ou du kéfir de lait de jument…

Le cheval comtois idéal existe-t-il ?

Il y a en tout cas des standards de la race qui permettent de le juger. Sa taille varie entre 1,50 à 1,65 m. Il pèse de 650 à 800 kg avec une encolure droite et musclée, une épaule longue, inclinée et large, un garrot bien sorti, un poitrail large et une poitrine profonde. Il se caractérise aussi par un corps compact, un dos droit, une croupe large et une cuisse bien descendue. On pourrait aussi ajouter qu’il a de bons aplombs, des membres secs avec des articulations fortes, des tendons et des jarrets nets. Tout cela avec une robe alezan ou bai et une crinière est abondante.