En Bourgogne Franche-Comté, l’usage de la voiture reste largement majoritaire

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Piétons, cyclistes, automobilistes : comment les habitants de BFC effectuent leurs trajets domicile/travail

Dans sa dernière production de janvier 2021, l’INSEE estime à 35% le nombre d’actifs travaillant au plus à 5 kilomètres de chez eux. Cela signifie que 65% travaillent à plus de 5 kms. Pas simple de ne pas utiliser sa voiture pour aller travailler.

La part des petites distances (<5 kms) est plus importante en BFC que dans les autres régions de France (hors Ile-de-France). Pourtant, les modes doux (marche ou vélo) ne sont utilisés que dans 23% des trajets. Logiquement, les transports en commun sont davantage utilisés dans les grandes villes et particulièrement par les cadres. Les femmes se déplacent plus souvent à pied et en transports en commun pendant que les hommes vont opter plus souvent pour le vélo et la voiture.

Au-delà de 8 kms, 90% des actifs se déplacent en voiture

Dans la région, 357 600 actifs parcourent, en 2017, une courte distance, d’au plus 5 kilomètres, pour aller travailler. La Bourgogne-Franche-Comté se situe au 3ème rang des régions (figure 1) derrière la Corse (49 %) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (41 %), mais loin devant Pays-de-la-Loire (30 %).

Ces actifs peu éloignés de leur travail se concentrent dans les territoires où coexistent une forte densité d’emplois et d’actifs. La voiture prédomine même pour une courte distance. Son utilisation est d’autant plus fréquente que la distance à parcourir est longue ; il reste que 69% continuent à l’utiliser pour des courts trajets. La proportion est restée stable depuis quatre ans.

La marche pour les trajets inférieurs à 2 kms

36% des actifs vont au travail à pied pour des trajets de moins de 2 kms. Le vélo est surtout utilisé pour des parcours entre 2 et 3 kms. Les politiques de développement durables visent pourtant à proposer des alternatives à la voiture lorsqu’elles sont possibles.

Quel transport en fonction du travail des habitants

Moins de 30% des cadres, des professions intermédiaires et des ouvriers travaillent au plus à 5 kms de leur lieu de vie. Mais a contrario, les cadres sont moins de la moitié à utiliser leur voiture pour se rendre au travail ; ils ont davantage les moyens de résider au cœur des grandes agglomérations (Besançon et Dijon en particulier) et utilisent les transports en commun pour 22% et le vélo pour 8%. Les ouvriers qui résident plus souvent en périphérie des villes où l’offre de transports en commun est moins développée, sont obligés de prendre leur voiture.

Dans une région principalement rurale et agricole, les agriculteurs, artisans et commerçants utilisent très majoritairement la voiture bien que les deux tiers des agriculteurs et plus de la moitié des commerçants et artisans travaillent à moins de 5 kms. C’est l’exercice de leur métier qui nécessite l’utilisation d’un véhicule imposé par de multiples trajets dans la journée, parfois avec des charges lourdes.

Si les femmes résident plus près de leur travail que les hommes, c’est souvent pour concilier activité professionnelle, tâches familiales et lieu de scolarisation des enfants. Elles effectuent les trajets principalement à pied ou en transports en commun et moins à vélo. Et l’arrivée de plusieurs enfants conduit les parents à s’installer en périphérie ou à la campagne pour avoir des logements plus spacieux et moins chers. Ils s’éloignent alors des pôles de travail et utilisent plus souvent la voiture.

Les transports en commun, une alternative surtout pour les urbains

C’est vrai dans les grandes aires d’attraction des villes de la région. A Besançon et à Dijon, les actifs se déplacent davantage en transports collectifs (9 à 13%) alors qu’ils sont moins de 1,5% à les utiliser à Lons-le-Saunier, Gray ou Luxeuil-les-Bains. Les transports en commun, plus développés dans les grandes agglomérations, disposent d’un réseau dense de bus et de tramway permettant des liaisons rapides tout au long des trajets.

L’INSEE démontre, s’il en était besoin, que la Franche-Comté n’est pas Paris, Lyon ou Marseille. Pour utiliser des modes alternatifs à la voiture, encore faudrait-il avoir une offre cohérente de transports en commun dans les zones périurbaines et rurales, des cadencements adaptés aux activités professionnelles et familiales. Ce n’est pas en montrant du doigt les automobilistes que l’on résout les problèmes de pollution. De ce point de vue, le dossier des Vaîtes à Besançon est significatif. Pour que les habitants privilégient les modes doux, faut-il encore qu’ils résident en ville !

Yves Quemeneur