Entreprise en difficulté, un désastre économique et social

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BPBFC Accompagnement
Bruno Duchesne Directeur général de la Banque Populaire de Bourgogne Franche-Comté et Denis Renaud directeur des engagements de la BPBFC ©YQ

C’est le constat établi en 2016 par la Banque Populaire de Bourgogne Franche-Comté. Pour y remédier, la banque mutualiste a créé une agence dédiée pour accompagner les entreprises en difficulté. BFC Accompagnement a aidé un millier d’entreprises sur la région en 4 ans.

Bruno Duchesne, le directeur général de la BPBFC et Denis Renaud, directeur des engagements de la banque régionale en dressaient un premier bilan prometteur le 19 novembre

60% de taux de réussite

Alors que l’on évalue à 33% le taux de réussite des plans de continuation suite à une procédure de redressement judiciaire, l’outil mis en place par la Banque Populaire de Bourgogne Franche-Comté offre un résultat deux fois supérieur.

Dépôt de bilan le lundi, moyens de paiement le mardi

L’originalité du dispositif imaginé par la BPBFC tient à la rapidité d’intervention de la banque dès le dépôt de bilan. Pour les entreprises “accidentées de la vie” comme le souligne Denis Renaud (insolvabilité brutale d’un gros client par exemple), la capacité de l’entrepreneur à rebondir rapidement est le facteur clé d’un plan de continuation réussi. Le leader de la banque des PME en région apporte l’expertise personnalisée d’une équipe de 5 conseillers volontaires et spécialement formés à gérer les situations à risque. “Quel fierté pour un conseiller d’accompagner une entreprise à sortir des difficultés” s’enthousiasme le patron de la banque.

BFC Accompagnement aux côtés de tous les acteurs

Dès la période d’observation et en collaboration avec le monde judiciaire (tribunal de commerce et administrateurs judiciaires) ou les experts comptables, la banque est capable de mettre en place de nouveaux moyens de paiement, de nouveaux financements (loi Dailly ou affacturage) et apporter la sérénité nécessaire au chef d’entreprise de proposer un plan de continuation ayant de bonnes chances de réussite.

600 entreprises suivies actuellement

Accompagner les entreprises dans une tempête est naturel pour la banque mutualiste des PME qui axe sa communication sur les courses au large. Les administrateurs judiciaires ne s’y trompent pas en privilégiant la collaboration avec cette agence dédiée. C’est aussi pour la BPBFC un moyen de capter et fidéliser de nouveaux clients puisque 45% des entreprises régionales passées en procédure collective ont bénéficié de l’aide de BFC Accompagnement.

A l’heure de la digitalisation bancaire, l’accompagnement de la BPBFC aux entreprises en difficulté pourrait s’apparenter à la banque d’hier, celle des relations personnelles, du cas par cas. Bruno Duchesne s’en défend : “les technologies numériques améliorent notre efficacité mais chez nous chaque client dispose du numéro de téléphone direct de son (sa) conseiller(ère)”.

Il reste que le dépôt de bilan est un traumatisme pour le chef d’entreprise, un constat d’échec personnel toujours mal perçu par les acteurs du monde économique. Et au-delà, le fait que cet échec est le plus souvent la résultante du manque de fonds propres permettant à l’entreprise de franchir les périodes difficiles. Ce ne sont pas les moyens à court terme, même performants, qui règlent le financement des entreprises dans la durée. Acteurs bancaires, collectivités, citoyens devraient se mobiliser pour financer l’activité économique de proximité. Quand on parle de « circuits courts », ça concerne aussi le circuit financier.

Yves Quemeneur