Eric Alauzet : écologiste ou marcheur ?

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Eric Alauzet candidat à la mairie de Besançon
conférence de presse ou meeting politique ? Eric Alauzet a présenté ce 31 août les piliers de son programme Place Victor Hugo - photo YQ

Anne Vignot (probable tête de liste EELV) s’attendait-elle à trouver un concurrent sur son terrain de prédilection ? “Je serai le 1er maire écologiste de Besançon” proclame le député candidat ! Dans une conférence de presse au goût de meeting politique, Eric Alauzet n’évoque à aucun moment son appartenance au parti du Président de la République.

Listant les quatre piliers de son programme, le député investi par la République en Marche (LREM) dresse le portrait d’une ville où il fera bon vivre, sous-entendu ce n’est pas le cas sous la mandature actuelle “je faisais partie de la majorité municipale, je ne pouvais pas voter contre toutes les décisions” !

“Je serai le 1er maire écologiste de Besançon” 

Premier pilier de son programme, il évoque une écologie positive, une ville qui respire. Eric Alauzet engagera rapidement un plan global de végétalisation de la ville citant en exemple la place de la Révolution, la rue de la République ou le boulevard urbain. Il souhaite aussi végétaliser les cours d’écoles et y adjoindre des potagers. Plus étonnant, il parle de végétaliser la place Chamars pourtant l’un des poumons verts de Besançon.

Il engagera un plan de résorption des embouteillages sans en préciser les contours essentiels et répond par une fin de non-recevoir au projet d’Alexandra Cordier d’un téléphérique pour désengorger les entrées de ville “un téléphérique de 50 millions qui coûtera au bout 100 millions comme d’habitude n’est pas une priorité”

Enfin, il veut intégrer Besançon dans le réseau européen des villes en transition écologique comme Fribourg pour construire des projets en commun.

“Je serai le maire de l’audace”

Eric Alauzet veut attirer les talents dans les domaines d’expertise de la capitale comtoise : micro et nanotechnologies, santé, culture, sport, environnement. Il ne craint pas d’affirmer vouloir faire de l’Université de Besançon la première au monde au service du développement durable. Projet « Totem » aux Prés de Vaux ou « Temis environnement » seront les deux emblèmes identifiant Besançon comme un centre des industries propres.

En créant un conseil de développement économique, le candidat-maire veut accompagner les industriels dans leurs prises de risque, agir fortement sur l’attractivité touristique autour du patrimoine et du sport.

“Je serai un maire citoyen”

“Je vais instaurer une convention citoyenne sur le projet des Vaites avec des habitants tirés au sort, quelle que soit l’issue judiciaire”.

Le candidat trans-partisan a été à la rencontre des bisontins pendant 6 semaines. Les 2300 personnes écoutées au cours de 700h d’entretiens ont défini des priorités en matière d’accueil dans les cantines scolaires (il ne parle que de solutions innovantes sans préciser comment il entend accueillir les quelques 400 enfants privés de cantine scolaire), des plages d’ouverture des crèches (soir et dimanches)

En matière d’insécurité, il souhaite élargir les temps d’actions de la police municipale, inciter au respect mutuel et à l’application des règles.

“Je serai un maire protecteur”

Tout en évoquant des mesures pour le pouvoir d’achat, Eric Alauzet assure vouloir maîtriser les dépenses publiques. Il envisage de créer plus de liens de proximité en développant les maisons de services au public (MSAP), simplifier les démarches administratives dépendant de la commune et résoudre le problème des nuisances urbaines.

Le programme est alléchant comme une bonne glace en cette fin d’été. En lançant sa campagne officielle ce samedi 31 août, Eric Alauzet évite de parler de la République en Marche. Il se dit bien le candidat de l’écologie.

A n’en pas douter, cela va faire grincer des dents au siège du parti dont le député se revendique. Après avoir voté contre le traité CETA, après ses propos sexistes sur sa concurrente malheureuse, Eric Alauzet prend clairement ses distances avec le parti macroniste.

La rentrée politique risque bien de remuer Besançon « la belle endormie ». Si cela profite aux habitants, qui s’en plaindra !

YQ