Exposition fabuleuse de “La Chine rêvée de François Boucher”

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Exposition
"Le repas" tapisserie de la Manufacture royale de Beauvais sur les esquisses de François Boucher

Un an après l’inauguration d’un musée réhabilité qui en fait un des trois grands musées de France derrière le Louvre, l’exposition “Une des provinces du Rococo, la Chine rêvée de François Boucher” place Besançon  comme une capitale européenne de la culture.

Pourquoi “Rococo”
Exposition "la Chine rêvée de François Boucher"
Commode de la Comtesse de Mailly à Choisy, placage de bois fruitier, bronze argenté et marbre bleu – Coll. Musée du Louvre
Exposition "la Chine rêvée de François Boucher"
Paire de vases en porcelaine céladon et monture en bronze doré -Coll. Al Thani

La période dite « rococo » est mouvement artistique touchant au XVIIIème tous les arts décoratifs. Condensé de « rocaille » et de « baroque », il s’est développé surtout en France. Le terme a une connotation péjorative et on lui préfère souvent le nom de « style rocaille ». Passage entre le classicisme solennel de l’époque Louis XIV et le néo-classicisme né à la fin du XVIIIème, il épouse le besoin de liberté et le commencement d’une « société de consommation » dans la haute société de l’époque. Cela s’exprime dans la peinture mais également dans la sculpture, l’ameublement et les tissus. C’est aussi le siècle où les navires marchands reviennent de Chine et d’Extrême-Orient chargés de porcelaines, de bois laqué… C’est ce qui va donner l’inspiration à François Boucher d’exprimer la Chine dont il rêve dans ses dessins, eaux fortes, gravures, peintures et esquisses de tapisseries.

Exposition "la Chine rêvée de François Boucher"
Partie d’une suite de 6 panneaux à décor chinois illustrant la production de thé et de porcelaine – Coll. Musée du Louvre

Il fallait rêver aussi du côté des conservateurs du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon pour imaginer une telle exposition qui présente cent trente prêts nationaux et internationaux autour des 10 cartons exceptionnels de tapisseries de François Boucher réalisés pour la manufacture royale de Beauvais. Ces dix œuvres de « chinoiseries » faisaient partie du legs de Pierre-Adrien Pâris, bisontin et architecte de Louis XVI. Yohan Rimaud, conservateur du musée et commissaire de l’exposition a travaillé plus de deux ans pour convaincre le Louvre, le Met de New-York, le musée royal de Turin et bien d’autres collectionneurs à prêter des œuvres et offrir aux visiteurs un voyage dans “la Chine rêvée de François Boucher” et une mise en scène étonnante réunissant tous les arts décoratifs de l’époque et les œuvres emblématiques de François Boucher comme “Le Déjeuner” qui n’avait pas quitté le Louvre depuis 30 ans. 6 très grandes tapisseries de Beauvais sont présentées en miroir avec leurs esquisses. Cet ensemble de tapisseries est unique au monde dans sa présentation, grâce au prêt du musée royal de Turin (2 grandes tapisseries n’avaient jamais été présentées au public).

La Chine rêvée de François Boucher
“Le Chinois galant” huile sur toile en camaïeu bleu, 1742

Le vernissage du 8 novembre accueillait la fine fleur des arts en Franche-Comté et en France. Le maire de Besançon et Nicolas Surlapierre, conservateur des musées de la Ville accueillaient Alastair Laing, grand spécialiste anglais de Boucher, Pierre Rosenberg, directeur honoraire du musée du Louvre. Les 500 invités à ce vernissage auront retenu le mot de clôture de Jean-Luc Martinez, actuel Président-Directeur du Louvre, le plus grand musée du monde. “Il y a tout juste un an, Emmanuel Macron inaugurait le musée de Besançon. Un an plus tard, le musée inaugure “La Chine rêvée de François Boucher” alors que le président de la République est justement…en Chine”. Une chinoiserie ?

Yves Quemeneur

Cette exposition tout à fait exceptionnelle est visible au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon du 9 novembre 2019 au 2 mars 2020 – www.mbaa.besancon.fr