Familles monoparentales dans le Doubs : chiffres officiels et réalité

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La monoparentalité concerne 71 300 foyers en Bourgogne-Franche-Comté.

Une vaste enquête a été menée par l’INSEE concernant la monoparentalité. Alors que l’étude parle de chiffres, notre dossier parlera de la réalité vécue par ces familles.

D’abord, les données …

L’INSEE a mené une importante enquête au sein de notre grande région et les chiffres qui en découlent, loin d’être une surprise, ne sont toutefois pas rassurants, notamment pour les mères célibataires.
Aujourd’hui, une famille avec mineurs sur cinq est monoparentale, ce qui représente 71 300 foyers en Bourgogne-Franche-Comté. C’est deux fois plus qu’il y a 25 ans et trois fois plus qu’en 1968. Les raisons de la monoparentalité sont multiples : divorce (ou séparation), veuvage, parent non déclaré en couple, arrivée d’un enfant sans avoir été en couple … et les conséquences matérielles se répercutent immédiatement. Ces parents seuls, pour 80 % des femmes, sont plus souvent en HLM et moins souvent propriétaires que les couples de parents. Ils sont moins diplômés et ont un taux d’emploi plus faible.
Le niveau de vie des familles monoparentales est nettement inférieur à celui des autres familles avec enfant mineur : 500 € de moins, par mois et par unité de consommation. Le taux de pauvreté quant à lui est presque trois fois plus élevé : 38 % contre 14 %. Les familles monoparentales de Bourgogne-Franche-Comté sont toutefois dans une situation légèrement plus favorable que celles des autres régions de province. L’entrée en monoparentalité impacte fortement le niveau de vie médian, qui baisse de 27 % pour les mères et de 17 % pour les pères à partir de l’année où ils élèvent seuls leurs enfants. Cette chute brutale fait passer un quart des nouvelles familles monoparentales sous le seuil de pauvreté. Au total, l’année de leur constitution, 38 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté.

Qu’en disent les principales concernées ?

Des mamans solos ont accepté de répondre à nos questions et pour toutes, une dominante se dessine : l’amour qu’elles portent à leurs enfants. Pour Amélie, qui vit avec ses deux filles à Pontarlier, le constat est sans appel :”Je suis ravie d’être seule avec mes enfants puisque l’investissement du papa était moindre. J’aime partager les moments clés avec elles me le rendent bien. Elles sont tout de même suivies par une psy pour ne pas qu’elles soient en conflit de loyauté autant envers moi que leur père, et qu’elles puissent parler librement sans jugement. Le seul souci c’est quand elles ne sont pas avec moi, je me sens coupable.” Aurélie aussi savoure les instants passés avec ses deux enfants, et l’exprime en ces mots : “Quand tout se passe bien entre les parents, les enfants se portent relativement bien… Après il y aura toujours des hauts et des bas… Des Noëls seuls, des anniversaires sans la chair de notre chair, des moments où on aurait besoin de leurs câlins mais qui attendront leur retour… Ne pas pouvoir vivre leur quotidien… Mais surtout le plaisir de savourer chacun de leur retour.”

Et les finances dans tout ça ?

Pour Amélie, cela ne pose pas de soucis. Elle occupe un bon poste qui lui permet de pourvoir facilement aux besoins de ses filles, sans rien demander au papa, par choix personnel. Pour Coralie, qui vit près de Valdahon, c’est une autre histoire : “Les fins de mois sont parfois difficiles et même si le papa verse une pension alimentaire, je peine à joindre les deux bouts. Alors, je multiplie les bons plans, achète la nourriture en fonction des promotions et habille la famille en seconde main. Les groupes de vente sur les réseaux sociaux sont formidables pour ça ! Et puis, j’ai quand même la chance d’être bien entourée par mes proches. Sans eux, je ne vivrais pas cette séparation que je n’ai pas cherchée aussi sereinement.”

Mamans et papas solos voient souvent leur niveau de vie chuter.