Févier 44 : Massacre à la Combe de l’Auge

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Une cérémonie aura lieu devant le monument érigé sur place le samedi 8 septembre.

Pendant les années d’occupation qu’a connu la France durant la Seconde Guerre Mondiale, des hommes et des femmes se sont battus pour combattre la barbarie nazie. Beaucoup y ont laissé leur vie comme ces habitants du plateau de Maiche à la Combe de l’Auge. 

Au cours de l’année 1944, les réseaux de résistants sont de plus en plus traqués par les allemands mais aussi par la police française et les collabos. Pour eux, ces français qui refusent de servir le régime nazi sont des terroristes à éliminer.

Le drame qui va se jouer à la Combe de l’Auge, hameau situé à Mont-de-Vougney, se noue autour de Pierre Friedlance recherché depuis des mois dans la région de Belfort qu’il doit quitter pour sa sécurité d’abord mais aussi avec l’ambition d’organiser dans le Haut Doubs un maquis avec ses camarades résistants et des réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO).  Très vite un groupe Francs Tireurs et Partisans est créé et s’installe dans cette ferme abandonnée située dans un leu discret donc idéal.  Comme le rappelle Michel Simonin dans ses écrits issus de minutieuses recherches sur cet épisode douloureux, pour survivre, le groupe doit trouver armes et du ravitaillement. « Pour se nourrir, ils organisent le vol de tickets de rationnement à la Mairie de Maîche…cette action de « terroristes » les rend impopulaire aux yeux de la population locale et petit à petit les gens parlent… ». A cela s’ajoute la blessure accidentelle par balle d’une maquisarde du Plateau, qui hospitalisée va être interrogée par l’occupant. Bien que restée silencieuse, son cas va intriguer et inciter les plus bavards des habitants à donner des renseignements.

« Le 19 février 1944, des camions arrivent à Maîche avec à bord les GMR (Gardes Mobiles de Réserve) et la Police de Vichy. De grand matin avec 30 cm de neige et des températures en dessous de zéro  ils encerclent la ferme de Combe de l’Auge. La surprise est totale et la sentinelle n’a pas vu arriver les GMR.  Les maquisards résistent ; Pierre Friedlance se poste à la mitrailleuse Hotchkiss qui s’enraye (conséquence du grand froid). Il est blessé à mort et décédera rapidement. Son fils de 14 ans, Robert est fauché par une rafale de mitraillette en voulant lui porter secours. Moins de deux heures après,  l’attaque est terminée et le bilan est lourd ; on compte 5 tués :  Pierre et Robert Friedlance, mais aussi Jacques Mozer, 20 ans, Joseph Voiland, 20 ans et Pierre Folletête , 18 ans ».

Les rescapés du groupe se regroupent et rejoignent la région de Montbéliard tandis que les maquisards maîchois sont eux dans la ligne de mire de la police française et des Allemands. Sept perdront la vie dont quatre frères Jacquemai, épilogue tragique d’un massacre resté bien présent dans la mémoire collective.