Gérard Larcher était dans le Doubs le 8 novembre

Gérard Larcher, le président du Sénat était de passage dans le Doubs ce lundi 8 novembre pour une succession de rencontres auprès des acteurs locaux. Après avoir visité la filière Comté de la fromagerie de Fontain, l'élu s'est rendu à Mamirolle, pour une table-ronde avant de se rendre dans le Haut-doubs pour notamment inaugurer parc de trackers solaires de Rochejean.

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Philippe Cuinet (Président de la fruitière de Fontain), Ludovic Fagaut (1er vice-président du conseil départemental), Jean-Pierre Vagne (Maire de Fontain) qui cache le Préfet Colombet, Claude Vermot-Desroches, Gérard Larcher, Christine Bouquin (Présidente du conseil départemental), Annick Jacquemet (Sénatrice du Doubs) et Jean-François Longeot (Sénateur du Doubs) devant la fruitière de Fontain ©YQ

Première étape d’une longue journée dans la ruralité du quotidien, la fruitière de Fontain.

4,5 millions de litres de lait, 10 000 meules de Comté par an
La fruitière de Fontain transforme 4,5 millions de litres de lait en 10 000 meules de Comté plus du Morbier, de la Tomme et de la raclette ©YQ

La fruitière bientôt centenaire (elle fut fondée en 1922) est la plus proche de Besançon et la seule sur le périmètre de Grand Besançon Métropole.  Elle rassemble 11 exploitations et 20 sociétaires situés en périphérie de la capitale comtoise (Fontain, Busy, Cademène, Villers-sous-Montrond, Tarcenay et Pugey). Installée depuis 2015 sur la route très fréquentée qui relie Larnod à Montfaucon, la fruitière est voisine de l’atelier de fabrication Cornu, l’entreprise suisse réputée pour ses célèbres flûtes sucrées et salées.

Après 4 mois de préparation chez « Monts & Terroirs », les meules de Comté viennent terminer leur affinage à Fontain, grâce au robot de frottage ©YQ

Outre le Comté, la fromagerie, dirigée par le Maître fromager Alexandre Courderot, produit du Morbier, de la raclette, de la tomme, de la crème crue et du beurre. A Fontain, les meules de Comté sont vendues « en blanc » à la société Monts & Terroirs qui les affine avant de les vendre. Le Comté, c’est l’aboutissement de toute une chaîne : la qualité du terroir, le lait des vaches, le travail des fromagers puis celui des affineurs.

Gérard Larcher le président du Sénat a été accueilli par Jean-Pierre Vagne le Maire de Fontain ©YQ
Gérard Larcher écoute les explications d’Alexandre Courderot le Maître Fromager de Fontain et de Claude Vermot-Desroches © YQ

Le Président du Sénat a été accueilli par Jean-Pierre Vagne, Maire de Fontain, Philippe Cuinet le Président de la coopérative (producteur à Tarcenay) et Claude Vermot-Desroches (producteur à Cademène) et surtout grande figure du Comté. Il fut l’un des artisans de l’AOP du Comté et présida de nombreuses années le Comité interprofessionnel du Comté. Gérard Larcher a été attentif à l’histoire particulière du Comté et son mode de fabrication. La recette du Comté dérive du gruyère suisse introduit en Franche-Comté au XVIIIème siècle, par des fromagers originaires de la région de Gruyère. Mais son histoire est plus ancienne ; au temps de Jules César, on parle d’un fromage de garde fabriqué en Séquanie (l’ancienne Franche-Comté). L’explication du nom « fruitière » est plus discutée. Il semble qu’elle tienne son origine de la mise en commun du lait produit par des éleveurs pour faire « fructifier » le lait, comme les viticulteurs jurassiens ont mis en commun leur raisin pour faire « fructifier » la vigne. Claude Vermot-Desroches ne pouvait manquer l’occasion de la présence du Président du Sénat et de plusieurs sénateurs du Doubs pour « vanter l’excellence du Comté, l’innovation dont les producteurs savent faire preuve  et leur façon de créer de la valeur en sachant la partager ». Il a évoqué également « la stupidité du nutri-score appliqué aux fromages et en particulier aux AOP ».

La seule fruitière à Comté de Grand Besançon Métropole fait la fierté d’Anne Vignot qui a accompagné le président du Sénat avec Christine Bouquin la présidente du département ©YQ

Le Président du Sénat est vétérinaire de profession spécialiste des chevaux et fut (on le sait moins) cavalier de très haut niveau en dressage et saut d’obstacles…une spécialité utile en politique ! Réputé pour être un bon vivant, il ne s’est pas trompé de chemin en venant en Franche-Comté.

L’ENIL de Mamirolle

L’Ecole Nationale des Industries Laitières était la seconde étape pour Gérard Larcher. Daniel Huot le Maire de Mamirolle a accueilli Gérard Larcher à l’école nationale créée en 1888 pour professionnaliser les fromagers et mieux lutter contre les défauts de qualité du fromage, les fraudes et la concurrence économique. A l’époque, le choix du site de Mamirolle répondait à la fois à la centralité de l’aire de production de fromage de Comté et le long de la ligne des horlogers inaugurée 4 ans auparavant (1884).

Image emblématique de la formation aux métiers de fromagers, l’ENIL de Mamirolle produisait au début du XXème siècle en Franche-Comté… des munsters et même des camemberts ! Aujourd’hui l’ENIL forme chaque année 182 apprentis en alternance, 150 étudiants au lycée professionnel et assure la formation continue d’environ 300 salariés autour de 107 enseignants et formateurs.

Photo de famille dans le parc de l’ENIL de Mamirolle. La vice-présidente du conseil régional et Jean-François Chanet le Recteur de l’Académie avaient rejoint Gérard Larcher. On reconnaît au fond Daniel Huot, le Maire de Mamirolle ©YQ

Du niveau 3 (CAP opérateur en Industries Alimentaires) au niveau 6 (licences professionnelles), l’école réussit à près de 100%  pour les apprenants avec un taux d’insertion professionnelle de 97%, six mois après la fin de leur cursus : une belle réussite pour Gabrielle Fournier, la directrice de l’école. Gérard Larcher a souligné devant le Recteur de l’Académie de Besançon et la vice-présidente de la région, « l’importance de l’apprentissage et en particulier de l’orientation des jeunes collégiens. L’agriculture et les métiers de l’agro-alimentaire sont des filières d’excellence pour les emplois de grande qualité de demain ». Les professionnels de la filière « buvaient du petit lait » si l’on peut dire !

Le Président du Sénat a poursuivi son périple comtois à Labergement-Sainte-Marie pour évoquer l’évolution de la forêt en lien avec le réchauffement climatique, l’importance de la biodiversité et le combat contre les scolytes, ces petits insectes très gourmands de l’écorce des épicéas. Il a terminé sa journée dans le Doubs par la visite du « parc des trackers » de Rochain, vaste secteur de panneaux solaires permettant à la commune de subvenir à ses besoins en électricité.

Yves Quemeneur