Gérard Mougin, président de la fédération de pêche du Doubs

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Gérard Mougin espère retrouver les 23000 pêcheurs fidèles aux rivières du Doubs.

Dès le 1er mars, les disciples de Saint-Pierre ont retrouvé berges et rivière dans la partie du Doubs Franco-Suisse. Pour tous les autres dans le département, ce sera le samedi 13 mars. L’occasion de dresser un état des lieux avec le président de la fédération.

 

Quel bilan tirez-vous de la saison de pêche 2020 ?

L’annonce du premier confinement est tombée le lendemain de l’ouverture de la truite. Donc forcément ça a mis un sérieux coup d’arrêt au début de saison et pour plusieurs semaines. On avait des inquiétudes. Alors forcément, les cartes journalières de mars, avril n’ont pas été compensées mais finalement dès le mois de mai, les pêcheurs ont eu envie de retrouver leur loisir favori et de profiter du grand air donc on a assisté à un rattrapage Les effectifs sont stables ce qui est très encourageant d’autant plus qu’on assiste à un retour des jeunes. On a donc assisté à un beau rattrapage de la situation et finalement cette saison 2020 s’est mieux terminée qu’elle avait commencé.

 

La situation a-t-elle été différente à l’automne ?

Oui parce que si le premier confinement interdisait la pratique de la pêche, ça n’a pas été le cas lors du deuxième grâce à une importante mobilisation de la fédération au niveau national et de nous au niveau départemental qui avons sollicité l’intervention des parlementaires. On a avancé nos arguments et fait part de notre incompréhension sachant que la pêche est pratiquée évidemment en extérieur et très souvent en solitaire.

 

Etes-vous optimiste pour cette année ?

On sent un frein chez nos adhérents qui, ayant perdu le début de saison l’an dernier, hésitent à prendre leur carte tôt cette année comme d’habitude. Ce retard pose évidemment des questions mais on espère que tout rentrera rapidement dans l’ordre dans les jours à venir et qu’on aura au final toujours des effectifs stables avec 23000 pratiquants dans le département voire même en augmentation puisque la pêche est vraiment un loisir idéal pour celles et ceux qui cherchent à profiter d’activité en plein air. Et c’est possible à tous les âges. On espère donc voir des gens découvrir ou redécouvrir notre activité qui est en lien direct avec la nature.

 

Comment avez-vous préparé cette ouverture ?

Nous avons tout préparé comme pour une ouverture normale. A ceci près que tous les salariés de la fédération sont en télétravail par mesure de sécurité et que toutes les réunions avec le conseil d’administration ou avec nos partenaires se font en visioconférence. Nous avons heureusement pu réaliser tous les travaux prévus ici ou là sur les cours d’eau du département entre l’été et l’automne dernier.

 

La grande question…comment vont les rivières du département ?

Des mortalités sont à nouveau apparues récemment sur la Loue ce qui est déplorable. On retrouve toujours trop d’effluents et trop d’intrants dans les cours d’eau donc la qualité ne s’améliore pas. On le mesure avec nos pêches électriques annuelles : depuis dix ans, le cheptel piscicole est toujours le même. Aucune évolution ! Pourtant nous jouons à fond notre rôle de lanceurs d’alertes en saisissant la DDT (Direction Départementale des Territoires) et l’OFB (Office Français de la Biodiversité) au moindre problème… notamment récemment les rejets des fromageries. Sur ce dossier, le Préfet du Doubs s’est engagé à se pencher de près sur la situation. Même chose pour les stations d’épurations dont beaucoup nécessitent une mise aux normes.

 

Des discussions sont donc possibles entre les différents acteurs ?

On peut parler de prise de conscience et de rapports apaisés, notamment avec le monde agricole. Mais nous restons vigilants et dénonçons les abus. Du côté de la chambre d’agriculture, on a affaire à des gens responsables et soucieux d’améliorer la situation. Tout le monde est bien conscient des problèmes que rencontrent nos rivières, la ressource en eau et de l’urgence à trouver de solutions. Mais la fédération continue de défendre l’idée qu’il faut aller beaucoup plus vite. C’est notre biodiversité toute entière qui est en jeu.