Gérard Voinnet, fondateur de l’Esperluète.

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Gérard Voinnet, en compagnie de Geneviève Guillemot, bénévole de l'association.

L’esperluète est avant tout un signe typographique (&) qui représente le mot (ou conjonction) « et ». A Pontarlier, c’est aussi le nom d’un lieu particulier et original. Gérard Voynet, bénévole de l’association qui gère et anime le café littéraire éponyme, a accepté de nous en parler.

H25 : M. Voynet, quand et comment est née l’esperluète ?

GV : On est dans la cinquième année de fonctionnement de l’établissement. Martine Ludi et Jean-Bernard Ousset, deux véritables mécènes, sont propriétaires des murs de ce qui est devenu, conformément à leur souhait, un café littéraire installé au 5, rue de Vannolles à Pontarlier.

H25 : Pouvez-vous nous en expliquer le concept ?

GV : Les gens peuvent venir à leur guise, lire des ouvrages sur place, tout en consommant (s’ils le souhaitent) un café ou une autre boisson non alcoolisée. L’esperluète est ouvert du mardi au samedi, entre 10h et 18h, grâce à la participation d’une quinzaine de bénévoles, réunis dans l’association « Rencontre autour d’un café et d’un livre » . Il n’est pas obligatoire de consommer mais cela est important pour équilibrer notre budget de fonctionnement. C’est un endroit accueillant, très calme, en plein centre-ville.

H25 : Selon vous, qu’est-ce qui différencie l’Esperluète d’une bibliothèque « classique » ?

GV : Il n’est pas possible d’emmener les ouvrages chez soi. Ils sont à consulter sur place. Un système de troc existe également. Un endroit aménagé à l’entrée du café permet à tout un chacun de déposer un livre et d’en reprendre un à la place.

H25 : Avez-vous des relations avec la médiathèque ou d’autres bibliothèques ?

GV : Oui, bien sûr. Un partenariat existe avec la librairie Rousseau qui s’occupe par exemple de la logistique quand nous recevons des auteurs pour des rencontres de qualité avec leur public. Ces rencontres mensuelles sont très appréciées des lecteurs comme des auteurs. Il ne s’agit pas d’une simple séance de dédicaces à la chaîne. Nous avons également des échanges avec la librairie Vannolles-BD-Mangas voisine.

H25 : Y-trouve-ton d’autres activités que la lecture ?

GV : Oui. Des ateliers d’écriture sont régulièrement organisés. A chaque mois, correspond une nouvelle exposition (dessins naturalistes etc..). En ce moment, nous avons des œuvres d’une céramiste de Chapelle d’Huin. En février, l’établissement accueillera les productions des « jeunes palettes » (élèves de première et Terminale, option arts plastiques). Des récitals de musique d’un guitariste flamenco pontissalien ont déjà été donnés hors heures d’ouverture du café. Des réunions d’associations peuvent s’y tenir contre une adhésion à l’association. Certaines comme Amnesty International, Accompagner la Vie ou Repair ont déjà franchi le pas.

H25 : Quelles est la prochaine manifestation à venir ?

GV : Les « jeunes palettes » laisseront place, du 18 au 23 mars, à « Lecturbulences », une sorte de festival de lecture à haute voix et en public, ouvert à tous. La même opération se déroulera simultanément dans 3 collèges pontissaliens en plus de ceux de Frasne et Mouthe. A l’intérieur même de Lecturbulences, des lectures en rapport avec Gustave Courbet auront lieu le vendredi soir, à l’occcasion du bicentenaire de sa naissance.

H25 : Voyez-vous quelque chose à ajouter ?

GV : L’esperluète est vraiment un lieu très convivial, spacieux (140m2) et chaleureux, qui gagne à être connu. On y trouve également du thé, des tisanes, du chocolat, du jus de pomme bio, du sirop à l’eau, et de petits gateaux bio de la Batailleuse. Nous aimerions être contactés par d’autres intervenants (personnes souhaitant organiser des jeux par exemple), afin que ce lieu puisse accueillir encore d’autres activités, à condition que les requérants gèrent leur activité. Un four micro-ondes sera prochainement installé pour améliorer encore le confort des utilisateurs qui pourront réchauffer un repas sur place en respectant les lieux.

MB