Ginko Besançon teste les énergies alternatives

Électriques, hybrides ou hydrogènes, les bus urbains de Grand Besançon Métropole vont progressivement remplacer le gazole.

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Frédéric Lambert, directeur maintenance et patrimoine de Keolis Mobilités Besançon, Anne Vignot Présidente de GBM, Laurent Sénécat directeur de Keolis Mobilités Besançon et Marie Zehaf vice-présidente de GBM chargée des transports ont présenté le 20 octobre le bus électrique Heuliez (fabriqué en France) pour une phase de tests de 10 jours ©YQ

Électriques, hybrides ou hydrogènes, les bus urbains de Grand Besançon Métropole vont progressivement remplacer le gazole.

Depuis le 20 octobre et pour une durée de 10 jours, un bus tout électrique est expérimenté en conditions réelles de circulation sur la ligne de desserte de la Citadelle et la ligne 10 qui relie le CHU à la colline de Bregille. Le bus de moyenne capacité présente l’avantage d’une largeur inférieure de 23 cms facilitant l’accès à des rues étroites comme la montée de la Citadelle ou la rue du Fort de Bregille.

L’objectif est de vérifier si ce type de matériel est adapté à la topographie particulière de Besançon (rues étroites et dénivelés parfois importants) et connaître le point de vue des voyageurs et des personnels de conduite. Pendant 10 jours, les conducteurs et conductrices seront amenés à donner leur avis sur la facilité de conduite, la sécurité avec les autres usagers de la voirie. Les voyageurs empruntant ce bus expérimental pourront scanner un QR Code et donner leur avis (confort, bruit, vitesse…).

Le bus électrique Heuliez d’une longueur de 10,74 m et de 2,33 m de large dispose d’une puissance totale de 420 kWh pour monter la côte qui mène à la Citadelle ©YQ

C’est la société Heuliez qui produit ces bus urbains dans les Deux-Sèvres. D’une longueur de 10,74 m et de 2,33 m de largeur (contre 2,55 m pour les bus traditionnels), ce bus peut transporter 60 voyageurs grâce à 10 packs de batteries Lithium-Ion répartis sur le toit et dans le compartiment arrière avec une puissance totale de 420 kWh. Doté d’une capacité de 200 à 300 km, il peut donc convenir sur des lignes de courte distance et être rechargé chaque soir au dépôt central.

La première expérimentation sera suivie du 28 octobre au 8 novembre avec un bus Mercedes hybride (électrique/GNV) et au printemps 2022 avec un bus Man fonctionnant à l’hydrogène.

Pour Grand Besançon Métropole et Keolis Mobilités, c’est un moyen de tester les différentes motorisations désormais disponibles sur le marché en remplacement progressif des bus au gazole.

En moyenne, le réseau remplace 6 à 7 véhicules par an sur les 116 bus dont 80 sont encore au gazole. C’est un investissement de 2,5 millions d’euros par an pour Grand Besançon Métropole qui doit en vérifier l’intérêt et la faisabilité : un bus électrique de moyenne capacité coûte 50% plus cher que le gazole et c’est 200% de plus pour un bus hydrogène. Comme le souligne Yann Chauvin, directeur des transports à Grand Besançon Métropole « avec le développement des énergies alternatives, il est probable que les constructeurs vont baisser les prix dans les années à venir. Nous devons anticiper ». Anne Vignot avait fait le déplacement prouvant, s’il en était besoin, que les nuisances sonores et la pollution des transports sont des sujets qui lui tiennent à cœur.

Améliorer l’offre des transports en commun (bus et trams) est un impératif. De la rue Nodier à la place Leclerc, les embouteillages ont repris une place que les confinements successifs avaient réduite, même si Marie Zehaf vice-présidente de GBM en charge des transports et mobilités parle de « ralentissements »… !

Yves Quemeneur