Haut-Doubs. Goumois. Deux rives, deux ambiances

364
En quelques mètres, on passe d'une rive à l'autre, d'un pays à l'autre, avec chacun ses règles!

Si des deux côtés de la frontières les restaurants sont à nouveau ouverts des deux côtés de la frontière, ce ne fut pas le cas au mois de mai.

Goumois est un village pas comme les autres. Pour la beauté des lieux d’abord et cette nature verdoyante qui lui sert d’écrin. Mais aussi pour sa situation géographique, à cheval sur la frontière matérialisée par le Doubs. Goumois est en effet le nom de deux communes, l’une en France, l’autre en Suisse. Les liens entre les deux rives sont très forts, à tel point que les défunts helvétiques sont inhumés en terre gauloise ! Mais administrativement, c’est une autre affaire et ce sont bien deux pays aux mentalités différentes comme l’a prouvé encore ces derniers mois la gestion de la crise sanitaire. Le confinement strict imposé ici a été plus souple pour la population helvète, les autorités comptant sur la discipline de ses habitants.

De fait, les règles de déconfinement ont été différentes elles aussi et le contraste flagrant d’un côté ou de l’autre du pont de Goumois. Ce fut le cas tout au long du mois de mai pour les restaurants : les trois établissements suisses ont pu rouvrir en respectant des règles de prudence bien entendu tandis que les quatre français ont dû garder portes closes jusqu’à début juin. Même l’intervention du maire de Goumois France auprès du Préfet pour demander une dérogation pour les professionnels de son village n’a servi à rien. Même si la proximité géographique est bien réelle, il n’y a pas qu’une rivière qui sépare les deux rives mais un véritable fossé administratif. Il faut bien une limite, en l’occurrence une frontière, et elle a montré une fois encore que les mentalités des deux pays sont bien différentes.