Grand Besançon Métropole : avant-dernier conseil communautaire

519
Conseil communautaire de GBM
Grand Besançon Métropole : conseil communautaire du 30 janvier 2020 ©YQ

Le conseil communautaire du jeudi 30 janvier était essentiellement consacré au débat sur les orientations budgétaires de la métropole pour l’année 2020.

Bilan de fin de mandat

“La situation est saine pour celles et ceux qui prendront la suite dans quelques semaines” a souligné en préambule Jean-Louis Fousseret, Président de GBM et Maire de Besançon. En duo avec Gabriel Baulieu le 1er vice-président, ils ont rappelé un “projet de territoire ambitieux, de proximité, inclusif et solidaire, une communauté urbaine au service du territoire et de ses habitants”.

Côté investissements, le Président-Maire rappelle les enjeux des années à venir et les récentes réalisations : la salle d’escalade de niveau international Marie Paradis, la poursuite de Synergie Campus qui portera le projet du nouveau pôle universitaire de la Bouloie, la Grande Bibliothèque, première étape du projet Saint Jacques, Bio Innovation, le plan de rénovation urbaine qui va profondément transformer Planoise et en faire un quartier enfin apaisé, la poursuite enfin de “Besançon Grandes Heures Nature” et de toutes les opérations sportives et culturelles. Sous-jacent dans les propos de Jean-Louis Fousseret, les candidats(tes) à la Mairie de Besançon vont-ils prendre à leur compte tous ces projets qui transforment le paysage de Besançon ?

Avec un budget de 302 millions d’Euros en 2020, dont 214 millions consacrés au fonctionnement et 88 millions à l’investissement, le budget reste dynamique malgré une situation financière nationale difficile. L’Etat ne respecte pas toujours ses engagements. “S’agissant du versement transport, la compensation de l’Etat va baisser de 40% sur le premier budget annexe de la communauté” précise Gabriel Baulieu.

En conclusion de la présentation de ce budget 2020, Jean-Louis Fousseret, patron de Besançon depuis 2001 a conclu “notre communauté d’agglomération puis communauté urbaine a investi 700 millions d’Euros entre 2001 et 2019”. Le président-maire, qui ne se représente pas, se félicite avec tous les élus, d’un bilan positif où, par ailleurs, la dette et la fiscalité des ménages ont été maîtrisées.

Propositions ou promesses

Marcel Felt s’est étonné de la prudence dans la présentation des chiffres. Selon le maire de Miserey-Salines, la prudence des chiffres annoncés cachent les promesses électorales qui fleurissent dans les programmes. S’agit-il de promesses ou de propositions ?

De son côté, Christophe Lime co-listier communiste aux côtés d’Anne Vignot, s’irrite de la réforme de la fiscalité locale. Il craint (à juste titre ?) que les recettes fiscales deviennent de la seule responsabilité de l’Etat. 40 ans après les premières lois de décentralisation, l’Etat est de plus en plus centralisateur.

Le budget annexe des transports s’élèvera en 2020 à 66,4 millions d’Euros. La billetterie représente une recette de 12,4 millions. C’est Philippe Gonon, co-listier d’Alexandra Cordier qui s’étonne des promesses de campagne sur la gratuité des transports. D’une part, les candidats ne disent pas où trouver les économies à réaliser et surtout, confirmant les propos de Marcel Felt, ils parlent de promesses alors que ce ne sont que des propositions qui devront être validées par le conseil communautaire.

Autre interrogation des élus sur la charte de gouvernance. Cette charte prévoit, entre autres, que les élus des communes périphériques disposent de 60% des voix au conseil communautaire. En échange, le Maire de Besançon est aussi Président de la communauté urbaine. Certains candidats ne se prononcent pas sur cette charte alors même que les transferts de compétences ont ôté aux communes l’essentiel de leurs prérogatives. Qu’il s’agisse de Jacques Grosperrin soutien de Ludovic Fagaut, de Michel Loyat soutien d’Anne Vignot ou de Jean-Paul Michaud, Maire de Thoraise et soutien d’Eric Alauzet “la charte de gouvernance doit être gravée dans le marbre”. En conclusion, Nicolas Bodin s’interroge sur l’évolution nécessaire du Code électoral “Un débat parlementaire devra traiter de l’élection au suffrage universel des présidents d’intercommunalité”.

Les électeurs de Besançon seront bien inspirés de poser les bonnes questions aux candidats et ne pas se contenter “des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent” selon la phrase restée célèbre de Jacques Chirac.

Yves Quemeneur