Grand Besançon Métropole, la fin du consensus ?

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Premier conseil communautaire de la Métropole bisontine ce jeudi 10 septembre. Ça dérape sur un rapport anodin.

Jean-Louis Fousseret avait l’habitude de commencer les conseils à l’heure…mais bon ! Autre nouveauté, la table de presse disposait de carafes d’eau, une première depuis des années !

Le plat de résistance n’était pas celui attendu

L’Assemblée de Grand Besançon Métropole devait entériner la nomination de ses membres au sein des syndicats mixtes et autres conseils d’administration dans lesquels la communauté urbaine siège. Les négociations en sous-main ont accouché de listes où tout le monde se satisfait de son poste. Ni abstentions, ni votes contre, les dizaines de noms ont été validés sans difficulté.

Puis vint le rapport n°6, un rapport bien anodin au regard de l’ordre du jour. Il s’agissait d’expérimenter un dispositif de gratuité des transports en commun dans les périodes de pics de pollution pour diminuer la circulation routière. Marie Zehaf, vice-présidente aux mobilités, le présente à l’assemblée en précisant que cette expérimentation sur une durée d’un an concernera au plus 3 ou 4 journées de pics de pollution arrêtées par le Préfet. Le coût de la gratuité des transports en commun s’élèverait alors entre 40 et 100 000€.

Quelques timides questions des élus puis un des vice-présidents “met les pieds dans le plat” en détaillant les différents polluants qui font l’objet d’une décision préfectorale en cas de pollution. En l’espèce, il précise que les journées de pics de pollution en hiver sont en fait liées à l’usage de chauffages au bois. En conséquence, diminuer la circulation routière ne diminuerait pas l’impact de la pollution. Il avait allumé la mèche qui s’est propagé dans tous les rangs de l’assemblée et particulièrement de la part des élus du plateau au premier rang desquels Pierre Contoz le Maire de Montfaucon.

Une grande partie des élus présents demandait donc un report du vote en considérant qu’il n’y avait pas urgence à proposer ce type d’expérimentation et ajoutant que le plan de révision des mobilités pourrait résoudre le problème.

Une première à la communauté urbaine de Besançon : 40 votes contre

En 20 ans de charte de gouvernance, la politique de l’agglomération s’est affranchie des querelles politiciennes et idéologiques, tout cela au bénéfice des habitants de la Métropole. C’est la première fois de son histoire que le conseil communautaire fait face à 40 frondeurs et 15 abstentionnistes sur un sujet qui n’aurait pas dû susciter plus “qu’un pet de lapin sur une toile cirée”.

La Présidente, en refusant de reporter cette décision, a montré une volonté de passer en force “Cette décision a été décidée en Bureau donc on la vote”. Pour beaucoup d’élus cela ressemblait à un déni de démocratie. Qu’en sera-t-il quand il faudra voter des décisions beaucoup plus importantes ?

Premières mesures économiques post-Covid

Nicolas Bodin a exposé les premières pistes pour sauver les entreprises bisontines et leurs emplois. Première action concrète, la décision d’accompagner les établissements de nuit jusqu’au mois de mars 2021. A compter du mois d’octobre 2020, l’Etat ne semble pas disposé à prolonger la prise en charge des loyers des boîtes de nuit. Besançon Métropole s’engage à accompagner les quelques établissements bisontins à hauteur de 300 000€ (à moins que l’Etat revienne sur sa décision).

Les entreprises bisontines devront attendre « des groupes de pilotage, des réunions thématiques, puis d’autres réunions avec la région, qui organisera d’autres réunions…. » Le temps administratif et politique n’est pas le temps économique ! Il est à craindre qu’entreprises et emplois auront disparu quand les enveloppes d’aides seront distribuées.

Anne Vignot semblait, ces dernières semaines, ouverte au dialogue et à l’écoute. Elle a manqué ce jeudi soir son entrée sur la scène de la Métropole.

Yves Quemeneur