Haut-Doubs. 8 mars : journée du droit des femmes

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A compétences et travail égaux, les femmes gagnent moins que les hommes

Lundi 8 mars prochain se déroulera la journée internationale des droits des femmes (ou du droit des femmes).

Chaque jour, des causes sont célébrées, plus ou moins importantes, il va s’en dire. A titre d’exemple, ces lignes sont écrites le 22 février, journée mondiale du scoutisme. Nous n’avons pas eu l’occasion, en ce lundi, de découvrir de vastes manifestations dédiées à cette cause.
Et puis, il y a les journées mondiales qui visent à rétablir des égalités et qui concernent toute la population : c’est le cas de la journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars dans de très nombreux pays.
L’intitulé officiel de ce jour est journée Internationale des femmes, repris par l’ONU. Elle expose les avancées considérables réalisées par des femmes du monde entier, dans la quête perpétuelle de l’égalité homme-femme. Des luttes qui ne datent pas d’hier, et que l’on retrouve même dans l’Antiquité. A cette époque, Lysistrata avait lancé une “grève sexuelle” contre les hommes pour mettre fin à la guerre. Pendant la révolution française, des Parisiennes demandant “liberté, égalité, fraternité” ont marché sur Versailles pour exiger le droit de vote des femmes. L’idée d’une Journée internationale de la femme s’est fait jour au tournant des XIXe et XXe siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et l’émergence des idéologies radicales.
Il est donc bon de noter que cette journée n’a, initialement, rien de mercantile. Pourtant, de nombreuses publicités foisonnent afin d’inciter ces messieurs à offrir un parfum hors de prix à leur dulcinée ou, pire, un ensemble de lingerie fine mettant en valeur les courbes gracieuses de la féminité. Une instrumentalisation du corps des femmes pour le bonheur de ces messieurs, à l’opposé total de ce que cette journée prône en valeurs. Il y a encore du chemin à faire avant que femmes et hommes se retrouvent sur un véritable pied d’égalité. Certains chiffres ne mentent pas. A commencer par les salaires : les femmes touchent nettement moins que les hommes. On parle d’un salaire inférieur de 24%. Un écart qui s’explique au recours à l’emploi à temps partiel et aux emplois moins valorisés. Toutefois, lorsque l’on compare les rémunérations à conditions strictement similaires (temps plein, secteur, âge …), on constate un écart de 9,9% (en défaveur des femmes, cela va de soi !). D’autre part, au sein du foyer, les inégalités sont également très présentes. Alors que les hommes ne consacrent que 2h26 aux tâches ménagères par jour, les femmes y passent 4h38, soit deux fois plus. Et en cas de divorce, ce sont les femmes qui trinquent le plus, avec un appauvrissement significatif (-16%) par rapport aux hommes (-2,5%).