Haut-Doubs. À Labergement-Sainte-Marie, l’électricité tombe du SIEL

Unique en France, le Syndicat Intercommunal d’électricité de Labergement Sainte-Marie a inauguré son parc de trackers photovoltaïques en présence de Gérard Larcher lundi 8 novembre. Un projet qui permet aujourd'hui de rendre autonome en électricité la commune de Rochejean, hors chauffage, par un circuit court et issu d'une énergie renouvelable. 

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La venue de Gérard Larcher, président du Sénat, le lundi 8 novembre dernier, honore encore Pierre-Albert Vionnet, directeur du SIEL (Syndicat Intercommunal d’électricité de Labergement Sainte-Marie). Par la très importante préparation qu’a nécessité cette venue  » du deuxième personnage de l’État  » comme le dit l’intéressé, mais aussi parce qu’il n’avait jamais eu l’honneur auparavant d’accueillir autant d’élus sur son terrain.  » C’était très important de les voir saluer le travail de tous nos collaborateurs, des fondateurs de ce syndicat et de tous ceux qui œuvrent chaque jour pour développer de nouveaux projets au SIEL », glisse-t-il.

678 panneaux solaires bifaces

Cette rencontre, le SIEL la doit à son travail, unique en France aujourd’hui. En 1897, les créateurs n’avaient même pas conscience que leur fonctionnement et leurs travaux réalisés seraient aujourd’hui un exemple d’écologie et de fonctionnement en circuit-court. Ce lundi 8 novembre à Rochejean, près de 125 ans plus tard, le syndicat a inauguré avec Gérard Larcher le dernier parc de trackers photovoltaïques bifaces, produisant 500 000 kWh annuellement. Au total, les installations de Rochejean génèrent près d’un million de kWh. Alors que la première réalisation a moins de trois ans, les derniers modules fonctionnent depuis la fin du mois de septembre. Une production énergétique égale à la totalité de la consommation d’électricité des 750 habitants de la commune, hors chauffage. Une production et distribution en circuit court pour les habitants. Tout a été pensé, jusqu’au sol en concassé calcaire pour améliorer le coefficient de production au verso des panneaux en été.

2 348 m2 de surface active

Au total, le champ solaire des jardins de la Côte représente 2 348 m2 de surface active  » avec une garantie de performance de 97% à 25 ans, explique Pierre-Albert Vionnet. L’orientation plein sud de Rochejean permet d’avoir de très bonnes conditions y compris l’hiver avec les basses températures et la neige. Celle-ci amplifie l’effet albédo au verso des panneaux. L’idée d’utiliser les panneaux solaires est née d’un constat simple : nous gérons 3 centrales hydroélectriques pour produire de l’énergie alors même que le débit Doubs s’apparente de plus en plus à un régime torrentiel et que l’eau diminue de manière constante depuis 30 ans. Il fallait donc innover et notre territoire ne permet pas de placer des Éoliennes. »

26 tonnes de CO2 évitées

Chaque travée compte un potentiel de production annuel pour un total de l’installation évalué à 380 000 KWh, soit encore la consommation de 141 foyers et environ 26 tonnes de CO2 évitées. Pour autant Pierre-Albert Vionnet en convient, les énergies renouvelables restent bien intermittentes.  » On ne peut pas transformer tout le paysage avec des panneaux solaires ou des éoliennes. Les électrons produits par nos autres parcs constituent un mix avec ceux issus du nucléaire, du charbon et autres puis injectés dans notre réseau de distribution. C’est aussi ça la réalité. A l’heure où notre planète connaît de plus en plus de désordres climatiques, je suis persuadé que nos modestes réalisations adaptées à nos sites et à notre environnement restent une des solutions pour contribuer à ralentir ce phénomène. L’œuvre engagée en 1897 par nos prédécesseurs nous oblige à agir, l’avenir n’est pas écrit, il sera ce que nous en ferons », assure Pierre-Albert Vionnet.

500 000 € d’investissements amortis sur 8 ans

Toujours en pleine réflexion sur de nouveaux projets, le directeur du Siel espère rendre autonome les 9 autres communes qu’il représente, et même plus encore. « Le barrage d’Oye-et-Pallet, même s’il ne se situe pas sur notre territoire de concession devrait être une superbe opportunité… », glisse-t-il. Financé sur les fonds propres du SIEL, le champ solaire représente un investissement de près de 500 000 €, rentabilisés sur 8 ans.  » Tous nos projets sont réalisés en accord avec les habitants, c’est avant tout leurs deniers ! « , poursuit Pierre-Albert Vionnet. Aujourd’hui le Siel gère six parcs photovoltaïques sur son territoire. En 2022, de nouveaux trackers devraient pousser du côté de Vaux-et-Chantegrue, puis l’année suivante, aux Hôpitaux-Vieux. Après 125 ans de fonctionnement, l’histoire du SIEL n’est pas prête de s’arrêter.

Martin SAUSSARD