Haut-Doubs. A Pontarlier : Serge Delrieu, nouveau sous-préfet de Pontarlier

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Serge Delrieu, nouveau sous-préfet de Pontarlier, se dit attentif et conscient des attentes de la population

Lors d’une cérémonie officielle qui s’est déroulée lundi 3 février dernier, Serge Delrieu a repris le poste de sous-préfet de Pontarlier, laissé vacant par Jean Almazan il y a quelques semaines. Serge Delrieu nous parle de son parcours, de son plaisir à venir dans le Haut-Doubs et évoque les grands axes de réflexion qu’il entend mener pour notre territoire.

Pourquoi avoir accepté de venir à Pontarlier ?
On m’a proposé cette mutation et je n’ai pas hésité une seconde. J’ai passé plus de trois ans à Saint Flour, dans le Cantal, qui est elle-aussi une ville de moyenne montagne. Je me sentais donc parfaitement dans mon élément. Il y a un réseau puissant en moyenne montagne. Je retrouve les vaches, les fromages, les liqueurs … Et également les campagnols qui ont commis de gros dégâts en Cantal. En un mot, je ne serai pas dépaysé !

Vous parlez de “travailler ensemble”. Pourriez-vous nous en dire davantage ?
J’ai forgé la conviction ces trois dernières années que nous concourons tous dans l’intérêt général. Nous conjuguons nos efforts, les uns et les autres. Cette cérémonie témoigne à ce que le représentant de l’État s’engage à servir les valeurs républicaines que sont la liberté, l’égalité et la fraternité.

Avez-vous une certaine liberté d’action ?
Il faut voir aussi que le corps des sous-préfets est un corps très varié de par ses origines et de par les appétences respectives des sous-préfets. Si bien que dans le respect des orientations fixées par le préfet, nous disposons d’une marge de manœuvre pour mettre l’accent sur tel ou tel aspect. Et pour citer un ancien sous-préfet du Cantal : “Il y a de nombreuses manières d’être sous-préfet : administratif, conseiller, organisateur, prestataire pour les communes, coordinateur interministériel, culturel, économique et social, développeur, animateur.”

Quel est votre parcours ?
Je suis de formation juridique et j’ai un parcours administratif assez diversifié. En préfecture, préfecture de police de Paris, et au sein de diverses directions interministérielles où j’ai pratiqué le droit des étrangers et le droit de fonction publique territoriale. J’ai également été chef de cabinet de deux ministres de la recherche dont Claudie Haigneré, femme de l’espace dont tout le monde se souvient. De 2006 à 2016, j’ai servi en tant qu’administrateur civil au service de la défense, d’abord à l’État major de la Marine, puis à la direction des affaires juridiques des armées et je suis devenu directeur adjoint des missions à la direction générale de l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre. Je dispose d’une expérience d’élu local où j’ai été premier adjoint et délégué à la culture et l’environnement, puis à la culture et la communication et ce, pendant plus de 20 ans.

Quels sont vos axes de réflexion pour notre territoire ?
J’insisterai sur trois domaines. D’abord, l’accompagnement des collectivités locales avec, notamment, le conseil juridique auprès des nouvelles équipes municipales qui émergeront à l’issue des prochaines élections. Le deuxième point sur lequel je m’attarderai est celui de la conciliation et de la médiation. Il faut souvent mettre de l’huile dans les rouages entre les élus et certains riverains, mais également entre les élus eux-mêmes ou encore entre les élus et les services de l’État. Et enfin, j’insisterai sur la proximité. Je voudrais visiter le maximum de communes, notamment les communes rurales durant mon séjour qui sera sans doute long à Pontarlier. Et mon ambition serait de nouer des relations aussi confiantes, constructives, parfois amicales que celles que j’ai pu nouer dans le Cantal en trois ans et demi. J’aurais enfin l’ambition d’ouvrir la sous-préfecture à des débats, à des conférences sur des thèmes philosophiques, historiques, littéraires … J’aimerais également favoriser l’ouverture de maisons de services. Il y en aurait une par canton, comme les Maisons France Services qui viennent de s’ouvrir du côté de Valdahon.

Quelques mots pour conclure ?
Je suis parfaitement conscient des attentes de tous, notamment concernant la sécurité des routes, mais également sur les événements sportifs comme le tour de l’avenir qui se présente cet été. Je suis conscient des difficultés de la prégnance au niveau agricole. Je sais bien qu’il y a des problèmes d’exploitation de forêt avec les scolytes. Il me semble aussi qu’il y a un chantier important sur le thème de l’emploi. J’avoue une certaine sensibilité patrimoniale, tant naturelle qu’architecturale. Je pense au château de Joux bien sûr, mais également à l’abbaye de Montbenoît, aux fermes comtoises … Bref, je suis heureux et fier d’avoir été nommé ici !