Haut-Doubs. A Pontarlier, une préparation de rentrée scolaire mitigée

139
Le directeur du groupe scolaire Les Augustins, en pleine préparation de la rentrée scolaire, mardi 31 août.

Les élèves sont rentrés depuis le 2 septembre en classe et les établissements scolaires de Pontarlier ont du s’activer dans la dernière ligne droite. Les mesures sanitaires annoncées par le gouvernement, quelques semaines plus tôt, ont agacé certains responsables de l’enseignement. 

Ce mardi 31 août, Daniel Boissenin, court partout. Les derniers détails avant le retour des élèves n’étaient pas encore terminés. Et pour cause, la veille, le directeur du groupe scolaire les Augustins, comme les autres proviseurs, étaient en visio-conférence avec l’agence régionale de santé (ARS) pour recevoir les dernières directives sanitaires.  » Nous sommes prévenus en même temps que le public ou presque. Nous avions reçu quelques éléments en juillet, mais assez vagues. A trois jours de la rentrée, l’ARS annonce que nous devions distribuer aux parents le jour de la rentrée ( Jeudi 2 septembre), un sondage à remplir pour le lundi 6 septembre, afin de savoir quels élèves souhaiteraient se faire vacciner. A trois jours de la rentrée. Je suis favorable à la vaccination, mais il faut qu’il y est un minimum de coordination, et que le gens de la santé prennent un peu en compte le fonctionnement de nos établissements.  » Le discours de Daniel Boissenin fait écho à celui de plusieurs autres directeurs et directrices d’établissements, sur le Haut-Doubs. Moins joyeux ou peut-être plus réalistes, que ceux du ministre de l’éducation ou du recteur de l’Académie de Besançon, Jean-François Chanet (voir dossier de la semaine, page 2).

S’adapter en interne

Globalement, avant cette visio-conférence de dernière minute, les consignes de l’Agence régionale de santé ont peu évolué depuis juillet, permettant aux établissements scolaires de « répéter  » les mises en places qui avaient fonctionné en 2020. En clair, chacun doit s’adapter selon ses possibilités. Tous ont oeuvré pour que cette rentrée soit la plus  » normale  » possible.

Au lycée professionnel Toussaint Louverture, le proviseur, Daniel Vandenhende, a maintenu les journées d’intégrations.  » Notre métier c’est aussi de l’anticipation. Nous sommes partis sur une hypothèse de faire une rentrée avec tout le monde en gardant un protocole relativement strict. Nous avons décidé de mettre les élèves de même classe dans les mêmes chambres d’internat. Pour les repas, trois créneaux sont mis en place, entre 11h et 13h. Les cours sont adaptés à ces horaires, pour éviter au maximum le brassage et surtout un cluster « . Gel hydro alcoolique à chaque entrée de classe, désinfection du matériel utilisé… gérer la situation au sein de l’établissement semble bien rodé au lycée professionnel. Plus difficile d’agir, lorsqu’il s’agit des stages.  » Les élèves en formation ASSP ( accompagnement soins et service à la personne) ainsi que ceux en cours d’hôtellerie seront obligés d’être vaccinés pour effectuer leurs stages. Car sans stage, pas de validation possible du diplôme « .

Daniel Vandenhende, proviseur du Lycée Toussaint Louverture, a tout mis en oeuvre pour respecter les gestes barrières.

Pas de vaccination scolaire avant les résultats des sondages

Le groupe scolaire Les Augustins a suspendu les voyages scolaires, comme l’an passé. Si contamination il y a, chaque élève dit cas contact et n’étant pas vacciné totalement, devra s’isoler 7 jours chez lui. Une situation encore plus compliqué à gérer pour les enseignants.  » On ne peut pas demander aux enseignants de faire cours la journée et de recommencer le soir pour les élèves qui étaient absents. Même s’il y a des outils numériques, l’équité ne sera jamais possible » , assure Daniel Boissenin.

Des capteurs de CO2, comme en Angleterre

Si les craintes sont différentes, tous espèrent voir arriver très vite des capteurs de CO2 dans chaque classe, comme l’a fait le gouvernement anglais. Ces appareils, servent à alerter les enseignants d’une trop grande quantité de CO2 dans l’air et la nécessité d’aérer la pièce. Pour les centres de vaccinations éphémères, annoncé par le ministre de l’éducation, il faut d’abord attendre les résultat récoltés par l’ARS, qui a normalement reçu les résultats de sondages de chaque établissement ce lundi 6 septembre. Aux Augustins comme au lycée Toussaint Louverture, les établissements souhaiteraient se rendre directement à l’Espace Pourny, question encore une fois, d’organisation.

Martin SAUSSARD