Haut-Doubs. Avenir nuancé pour les chaudières à fioul

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Tous les membres de la famille pourront continuer à bénéficier du chauffage au fioul, même après 2022

En août dernier, la ministre de la transition écologique Barbara Pompili lançait un pavé dans la mare en affirmant qu’il ne serait plus possible de tronquer son ancienne chaudière à fioul contre une autre et ce, dès janvier 2022.

Philippe Lassout, président des syndicats des distributeurs de fioul de Franche-Comté, tient à éclaircir ces propos : “En réalité, notre ministre a annoncé vouloir supprimer tous les combustibles produisant plus de 250g de CO2 par Kilowattheure. Elle a réduit son annonce au fioul et au charbon, sans chercher à préciser davantage le fond de sa pensée. Du coup, beaucoup ont pensé qu’il ne serait plus possible de se chauffer au fioul. Or, ce n’est pas le cas ! Les propriétaires de chaudières à fioul pourront tout à fait continuer à conserver leur mode de chauffage sans être inquiétés ou obligés d’en changer.” Philippe Lassout ajoute que dans nos contrées majoritairement rurales, l’accès au gaz est impossible et l’usage du chauffage au bois n’est possible que si l’on se trouve à proximité de son poêle qu’il faut alimenter en permanence. Quant au passage à la chaudière à granulés, il demande une enveloppe assez conséquente que tout le monde ne peut avancer. “Au vu de ces annonces et des habitudes de chauffage de nos clients, il a fallu trouver des solutions, ajoute le président. C’est pourquoi nous serons bientôt à même de proposer du biofioul, composé à 30% d’ester de colza, une partie non utilisée d’habitude de la plante. Le colza utilisé sera exclusivement français et les émissions de CO2 descendront sous la barre des 200. Lorsque nous pourrons utiliser du biofioul composé à 100% de végétal, nous serons alors plus proches des 60g de CO2 pr kilowattheure. Une belle performance répondant aux normes futures exigées par le gouvernement.” Afin de profiter de ce biofioul, il suffira pour certaines chaudières récentes de changer son gicleur (un embout qui se remplace chaque année, pour la modique somme de 15€) ou bien le brûleur si la chaudière est plus ancienne. “Il faut bien entendre que la durée de vie minimale d’une chaudière à fioul est de 30 ans, souligne Philippe Lassout. C’est donc intéressant de la moderniser si le matériel le permet ou bien d’en changer pour une moderne qui vous accompagnera pendant de longues décennies.” Les professionnels du secteur seront prêts pour la transition en 2022. Il n’est donc pas question de se passer du fioul mais bien de s’adapter à l’actualité, afin de continuer à bénéficier d’une chaleur douce et constante au sein de son foyer.