Haut-Doubs. Bonnétage. Une nouvelle vie pour l’église de Cerneux-Monnot

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Il faudra encore de nombreuses heures de travail de la part des bénévoles pour permettre à l'église d'accueillir à nouveau du public.

Construite en trois étapes du XVème au  XVIIème siècle, l’église de ce hameau abrite une vierge en bois polychrome ramenée de Lorette en Italie par des pèlerins au XV ème siècle. Pour lui redonner vie et éclat bénévoles, mairie et paroisse se mobilisent.

Délaissée au profit de celle située dans le village haut, la municipalité a cependant il y a quelques années refait la couverture et la façade du clocher qui présentaient des infiltrations d’eau. « L’église de Cerneux-Monnot est l’un des deux édifices qui se trouvent sur le territoire de la commune. Ce hameau un peu éloigné du cœur du village avait en effet son école, sa fruitière ainsi que son lieu de culte et son presbytère » explique Valérie Pagnot, maire de Bonnétage. Une spécificité qui après la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat a donné une double charge à la collectivité. S’y est ajoutée au fil du temps, une très nette baisse de fréquentation et de fait un élément du patrimoine qui se détériorait petit à petit. « Les parasites ont commencé à s’attaquer aux boiseries et aux statues en bois, notamment celle remarquable de Notre Dame de Lorette ».

Soucieux de ne pas laisser ces témoins de l’histoire se détériorer puis disparaître, Claude, un habitant du Russey dont la belle-famille de ses deux filles habite Cerneux-Monnot, a contacté la mairie et la Paroisse pour proposer une action de sauvegarde : « Nous avons commencé à nous réunir plusieurs fois fin 2019 avec quelques bénévoles pour traiter les statues puis les zones infectées » explique-t-il.  Depuis quelques semaines, l’opération s’est même accélérée avec un rendez-vous sur place chaque samedi matin. « Certains ont rapporté des ornements en bois chez eux pour leur injecter des produits contre les insectes xylophages et des durcisseurs. Nous avons aussi astiqué les luminaires et commencé le nettoyage des voûtes » poursuit cet amateur de patrimoine qui, avec son équipe d’une quinzaine de bénévoles, estime qu’il faudra sans doute encore près d’un an pour fignoler le travail après le gros œuvre qu’est le passage à la chaux de la voûte et des murs.

Au final, la question se posera de l’avenir de cette église. Sans doute accueillera-t-elle très ponctuellement des messes. « Mais il faudra aussi réfléchir avec les responsables de la paroisse pour lui donner une autre vocation » poursuit madame le maire : « Par exemple y accueillir des concerts ou des expositions et redonner vie à ce lieu atypique ».