Haut-Doubs. Carte postale du Pays Horloger

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Même avec de nouvelles échelles, le site reste impressionnant.

Si les qualités naturelles de ce territoire en passe de devenir Parc Naturel Régional est souvent mise en avant, le patrimoine et l’histoire sont deux autres pans importants qui méritent le détour !

Tout au long de la frontière franco-suisse, dans le Haut Doubs notamment, la contrebande a longtemps été un véritable fait de société. Une activité parallèle devenue un jeu d’adresse et de stratégie entre douaniers et contrebandiers. Toutes les générations étaient concernées par cette pratique souvent minime et appelée « la bricotte ». Un moyen presque traditionnel à l’époque pour arrondir les fins de mois difficiles voire même comme pour joindre les deux bouts ! On prenait donc tous les risques. Malheureusement pour les adeptes de ces circuits parallèles, les douaniers, surnommés les gabelous, veillaient sur ces échanges illégaux qu’ils soient très organisés et importants ou plus domestiques et donc modiques. La seule solution pour les fraudeurs était donc d’emprunter des chemins escarpés, dangereux, là où ils pensaient que les autorités n’iraient pas risquer leur vie. Les moyens de passage d’un pays à l’autre s’avéraient d’autant plus périlleux que le trafic s’effectuait généralement de nuit par une météo souvent peu clémente. Tellement de risques pris d’ailleurs que des hommes y perdront la vie en chutant pour avoir essayé de passer en fraude quelques denrées alimentaires le plus souvent. Des denrées de base qui ont occupé des générations de franc-comtois le long de cette frontière où chaque pierre et chaque arbre aurait sans doute tant d’histoires à raconter…

C’est cette histoire singulière et bien ancrée localement qui a attiré les producteurs d’une nouvelle émission dédiée au patrimoine et à la découverte sur France 3 Bourgogne Franche-Comté. « La tête à l’endroit », à retrouver chaque dimanche à 12h55 s’est donc longuement arrêtée aux échelles de la Mort à Charquemont, dans cette vallée du Doubs à la fois austère et fascinante. Dans ces gorges encaissées, les contrebandiers avaient installé à flanc de falaise de simples troncs avec des traverses, le tout en bois, fragile et instable.  Elles ont depuis été changées pour avoir progressivement deux montants puis au profit du métal.

Le documentaire permettra aussi aux amoureux du pays horloger de (re)découvrir la ferme musée de Grand-Combe-Châteleu ainsi que quelques artisans installés dans ce village typique, puis de profiter d’une visite du chantier naval de Villers-le-Lac avant d’embarquer pour une croisière en direction du Saut-du-Doubs. Une belle carte postale pour le territoire, à découvrir en décembre ou janvier sur le petit écran.