Haut-Doubs. Fournet-Blancheroche. Entre France et Suisse, le chemin d’Amélie

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Les outils de précision français étaient très prisés par les horlogers suisses.

Des passionnés d’histoire se mobilisent pour que le trajet emprunté autrefois pour livrer du matériel d’horlogerie de France vers la Suisse soit balisé et expliqué aux randonneurs.

Lorsqu’en 1776, Jonas Brand, originaire de Tramelan en Suisse, vint s’installer dans le village français de Montécheroux et s’y maria, il partagea son savoir-faire avec les couteliers locaux en leur apprenant la fabrication d’outils d’horlogerie. Une production destinée à son pays natal et plus précisément aux horlogers de La Chaux de Fonds et du Locle. L’activité prit un essor formidable, transformant la cité de Montécheroux en village-atelier où une quinzaine de fabricants-négociants, « faiseurs d’outils d’horlogerie », firent travailler 350 personnes au cours du XIXème siècle. Entre 1780 et 1860, un nombre considérable d’outils furent livrés par des messagers ou des messagères circulant à pied sur la quarantaine de kilomètres à saute-frontière.

Amélie Cuvier a sans doute été la dernière d’entre eux. Deux marcheurs confirmés, Monique et Jean-Paul Bouchet, soutenus et accompagnés par des membres de l’association Musons et Créons, ont ces derniers jours effectué ce même parcours sur les traces d’Amélie à partir du musée de la pince de Montécheroux, chargés de quelques outils emblématiques. L’objectif de cette marche mémorielle est de faire reconnaître ce sentier qui pourrait relier la commune française au Musée International de l’Horlogerie de la Chauds de Fonds, rappelant ainsi cette tradition emblématique de l’Arc Jurassien franco-suisse.