Haut-Doubs. Frasne. Éditeur musical : un métier méconnu

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Aurélien Bouveret est le seul éditeur musical en Franche-Comté !

Du monde de la musique, nous connaissons très bien les artistes bien sûr, mais également les producteurs, les maisons de disques … mais que savons-nous des éditeurs ?

Nous attribuons bien volontiers ce métier d’éditeur au monde de la littérature. Toutefois, il s’applique très bien à la musique et qui mieux qu’un véritable éditeur pour nous en parler. Aurélien Bouveret est à la tête d’Odeva, qu’il a créée il y a 11 ans et qui est aujourd’hui basée à Frasne. Ce nom ne vous est sans doute pas inconnu puisqu’Aurélien est responsable de la programmation artistique du Festival de la Paille à Métabief, de Festi’Diff à Pontarlier et du Poppopidum à Champagnole. Véritable touche-à-tout de talent dans l’univers musical, il a choisi de se consacrer aux artistes à 360°. « Être éditeur musical, c’est avant tout beaucoup d’administratif ! Je suis le garant d’une œuvre que l’on m’a demandé de défendre. Mon objectif est de faire vivre l’œuvre tout en apportant de la sérénité et de la confiance à l’artiste. Libéré de ces contraintes, il est plus libre de pratiquer son art ! Quant à moi, je fais voyager sa musique, afin qu’elle soit connue et reconnue. » Aurélien ajoute : « Il existe de nombreux moyens de diffusion. On connaît tous les disques et vinyles mais honnêtement, ce n’est plus tellement ça qui fonctionne. La tendance du moment, ce serait plutôt la synchronisation. On reçoit un brief d’une agence publicitaire par exemple qui recherche une musique bien spécifique pour un prochain spot. La demande est déclinée en fonction des besoins : type de voix, d’ambiance, de tempo … et je pioche dans ce que je possède pour proposer un titre qui colle à la demande. Dans la même mouvance, il y a également les documentaires, les films promotionnels de région, les musiques d’accueil dans les musées et même les sonneries de téléphone ! Plus étonnant encore, ce sont les jeux vidéo ! C’est un champ très vaste et il s’agit d’être réactif et pertinent dans les propositions ! »
Une fois que l’œuvre est lancée, qu’elle est utilisée et diffusée, les artistes touchent des droits d’auteur et des royalties…pour faire simple ! « Le mode de rémunération des chanteurs, auteurs, compositeurs, est ultra complexe, souligne Aurélien. Mon job consiste à bien ficeler tout ça, à me rapprocher de la SACEM pour ne rien manquer. Les artistes doivent être rémunérés pour tout ce qui se passe autour de leur musique. Et pour ça, ils peuvent compter sur moi ! »
À ce jour, Odeva détient 250 œuvres à défendre, pour une douzaine d’artistes majoritairement régionaux : Nadamas, Catfish, Marion Roch, Bigger, 2 Ohms Load …

ENCADRE
Une année en demi-teinte
L’édition musicale a plutôt bien fonctionné cette année mais Aurélien troque sa casquette d’éditeur contre celle de programmateur pour nous parler des festivals tombés à l’eau, notamment celui pour lequel il a une tendresse particulière : Festi’Diff. « C’est un festival encore trop confidentiel qui mérite largement d’être connu. Les artistes en situation de handicap et ceux dits valides se retrouvent sur scène pour des moments forts, où les émotions sont intactes et contagieuses. Je suis triste que cette édition 2020 qui devait se dérouler fin novembre ait dû être annulée. Tous les artistes étaient prêts à nous faire un show incroyable ! Ils gardent tout ça sous le coude pour l’année prochaine et j’espère vraiment que le public sera au rendez-vous ! »