Haut-Doubs. Gonsans. Les chasseurs au secours de bambi

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Une caméra thermique sur le drone permet de détecter les faons blottis dans l'herbe fraiche.

Cachés dans les hautes herbes, les faons sont trop souvent victimes de la grande faucheuse lors de la fenaison. Une solution venue de Suisse est testée dans le Doubs par la fédération de chasse.

Chez nos voisins suisses, afin d’éviter cette mortalité des petits chevreuils, plusieurs initiatives avaient été prises pour déloger le gibier avant qu’il ne soit trop tard. Capteurs sur les faucheuses, chiens envoyés pour les effaroucher puis, depuis l’an dernier des drones afin de les localiser. Un exemple dont s’est inspiré la fédération de chasse du Doubs (FDC25), comme l’explique son technicien Mickaël Mairot : « Le Département a une superficie de plus de 500 000 hectares dont la moitié en herbe qui vont être fauchés. Cela représente de trop nombreux faons mais aussi lièvres tués chaque année ». Face à ce constat, en première ligne pour constater a posteriori les dégâts, les agriculteurs sont eux aussi demandeurs de solutions afin de limiter ces accidents .

Pour cette première année de test, les chasseurs ont fait appel à une société privée, Agence Drone, basée à Pontarlier, plutôt que d’acheter du matériel : « Nous sommes intervenus aux Fourgs, à Gonsans et à Fessevillers. A chaque fois, au petit matin quand l’atmosphère est encore bien fraîche, l’opérateur survole les parcelles identifiées avec le drone afin de distinguer les animaux grâces aux caméras thermiques ». Dès qu’ils sont localisés, une équipe se dirige dans le champ non pas pour les faire fuir mais pour les protéger en les plaçant sous une boite pendant que l’agriculteur fait son travail. Dès que c’est terminé, la cage est retirée. La méthode en cours d’expérimentation semble d’ores et déjà donner satisfaction mais une analyse plus précise des données sera effectuée afin de mesurer l’efficacité du dispositif. « Il nous restera alors à trouver des financements ou cofinancements si nous souhaitons acquérir du matériel et à établir un programme précis pour l’année prochaine ».