Haut-Doubs. La Covid et l’école : les vrais chiffres

424
Protocole sanitaire strict, port du masque obligatoire dès 6 ans, distanciation sociale ...la vie des écoliers a bien changé depuis mai dernier. Le rectorat fait le point sur les mesures prises au sein des établissements et sur leur efficacité, chiffres à l'appui.

Les mesures sanitaires appliquées en milieu scolaire, de la primaire jusqu’au lycée, sont très souvent critiquées par les parents notamment. Toutefois, ces mesures font leurs preuves, chiffres à l’appui.

Face à la recrudescence du virus, de nombreux parents s’inquiètent. Audrey habite à proximité de Valdahon et est maman de deux petits garçons souffrant d’asthme : « Il est hors de question qu’ils portent le masque toute la journée, ils ne le supporteraient pas ! Ils sont donc déscolarisés et cela se passe très bien ainsi ! » La déscolarisation …un mot que bien des parents prononcent du bout des lèvres : « Mon fils est au collège et rentre frigorifié d’avoir passé une journée complète dans une salle de classe constamment ouverte, s’indigne Magaly. Les interclasses sautent, les journées paraissent donc plus longues. Et à l’inverse, le temps de midi, il n’a que 20 minutes pour déjeuner, service compris ! Il n’a parfois pas le temps de manger …Quant à ma fille, qui est en primaire, elle ne porte plus ses lunettes en raison de la buée. J’aurais voulu les garder à la maison après les vacances de la Toussaint mais on m’en a dissuadée. » Il faut bien souligner que l’instruction à la maison est soumises à une déclaration et une autorisation préalables de la part du rectorat, et répond à des règles strictes.

Un lieu hautement sécurisé

« Le cadre dans lequel évoluent les élèves, tout âge confondu, est extrêmement sécurisé, grâce à un protocole strict, parfaitement respecté et efficace, explique le rectorat de Besançon, par la voix de Guillaume Rivoire. La preuve en est du peu de cas positifs que nous relevons chaque semaine. Pour un cas confirmé, nous avons moins de trois cas contacts, au sein de l’établissement concerné. Depuis décembre, et jusqu’à ce jour*, nous avons effectué 1500 tests sur le personnel enseignant de l’académie. 8 seulement nous sont revenus positifs. » « Concernant les éléments, au retour des vacances de Noël, 98 cas ont été signalés, sur 248 000 élèves. Cela représente 0.03% de l’ensemble des élèves. » Des chiffres très encourageants, prouvant l’efficacité du protocole mis en place. « Il a été largement prouvé que les contaminations se faisaient majoritairement dans le cadre familial, et non scolaire. Il est beaucoup plus sécurisé pour les enfants de se rendre à l’école que de rester dans la sphère privée. » Guillaume Rivoire ajoute : « Il ne faut pas oublier non plus que l’école a une forte vocation sociale pour les élèves. Il existe aujourd’hui un décalage très important entre les élèves scolarisés et ceux qui ne le sont pas. » Une notion que de nombreux parents ont bien intégré, à l’instar de Sophie maman d’un petit garçon de sept ans, et de Marie, maman de deux élèves d’élémentaire. Maud, maman de deux fillettes aux Auxons, enfonce le clou : « Ne pas les mettre à l’école, serait les mettre vraiment en danger socialement. Il me semble (ce n’est qu’un avis perso) que nous payons le premier confinement. Les enfants ne savent plus vivre en groupe. »

Le volontariat pour mot d’ordre

Le rectorat applique une politique basée uniquement sur le volontariat. Aucun membre du personnel n’est obligé à passer ce test. Pour ce faire, le rectorat, conjointement avec l’ARS (Agence Régionale de la Santé) et la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie), dépêche des équipes mobiles qui se rendent directement dans les établissements. Le personnel enseignant (professeurs, ATSEM, agents d’entretien … en résumé, tous les adultes évoluant dans les établissements scolaires) est informé de la venue de ces équipes ? Tous ceux qui le souhaitent peuvent s’inscrire pour réaliser des tests antigéniques. « Le résultat leur est fourni dans les 20 minutes. », souligne le rectorat. Ce système vient renforcer les dispositifs déjà existants.

Des élèves et des tests

L’académie de Besançon a rencontré deux situations délicates où le nombre de cas avait été très important, dont le collège de Marnay. L’ARS avait alors déployé une vaste campagne de dépistage. Là encore, hors de question de forcer qui que ce soit, et surtout pas les enfants : « Tous les tests sont réalisés avec le consentement des parents. Il est évident que nous ne pratiquerons jamais de tests sur des mineurs sans l’accord préalable des responsables des enfants. Cela tombe sous le sens ! » Aujourd’hui, le protocole sanitaire a été considérablement assoupli par rapport à mai dernier : «Le port du masque, le lavage des mains et la ventilation restent les moyens les plus efficaces que nous avons mis en place, au vu des chiffres relevés chaque semaine. » Un protocole qui pourra évoluer en fonction de la situation sanitaire et que tous souhaitent voir disparaître définitivement.

*Au 7 janvier 2021

Etudier avec un masque : telles sont les conditions d’apprentissage de nos enfants, pour leur bien …