Haut-Doubs. L’appel à un sursaut général de la fédération de pêche

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"En 2019, les résultats des pêches électriques dans le Département ont été les plus mauvais jamais enregistrés".

Drôle de saison pour les pêcheurs du Doubs qui ont été privés de leur loisir favori durant le confinement. Une situation totalement inédite. Par contre, leur constat sur la situation des rivières du département ne change pas.

A peine 48 heures après l’ouverture tant attendue du mois de mars sonnait l’heure du confinement pour plusieurs semaines. Un faux départ donc qui n’a pourtant pas trop affecté la fédération comme le constate son président Gérard Mougin : « Aussitôt le déconfinement décidé, on a vu les gens revenir au bord des cours d’eau et l’été a aussi permis notamment à des pratiquants locaux ou régionaux de retrouver ce loisir en phase avec la nature ». Au final, avec un total de 23000 pêcheurs, le Doubs n’enregistre qu’une faible baisse de 1% de ses effectifs.

Ce point positif passé, l’assemblée générale de la fédération pouvait se poursuivre « de façon virtuelle puisque pour la première fois nous avons opté pour une visioconférence » souligne le président. Et, là, comme à chacun de ces rendez-vous depuis des années, il a bien fallu aborder le sujet délicat de la qualité de l’eau : « Cette année, on a même eu à déplorer des mortalités en juillet dans la Loue, une première en cette période » déplore Gérard Mougin appuyé dans ses propos par son vice-président Christian Triboulet, responsable de la commission rivière. Les coupables ? Ils sont nombreux : « On a trop de matière organique agricole excédentaire que l’on retrouve dans les rivières. Les stations d’épuration sont pour certaines défaillantes ou inefficaces. On note aussi des problèmes avec certaines fromageries ou encore avec les traitements utilisés par la filière bois. Et enfin, n’oublions pas les pollutions domestiques ». Un constat qui en dit long sur la situation mais aussi sur le travail qui doit être mené pour inverser la tendance : « Les pêcheurs ne sont que des sentinelles et des lanceurs d’alerte. Notre rôle est d’aiguiller les élus et les administrations dans leurs actions… Et justement, il faut qu’ils agissent et vite » insistent les deux représentants. Pour eux en effet, faute d’une volonté politique forte et d’une prise de conscience collective, des acteurs économiques comme des particuliers, la situation ne pourra que s’aggraver. Avec en plus une évolution climatique qui ne fait qu’accentuer des problèmes déjà importants. « Sur ce dernier point, en plus de faire évoluer les comportements, des solutions existent : réhabiliter les zones humides, procéder au reméandrage des rivières si besoin…par exemple pour le Doubs entre Morteau et Pontarlier ». L’exportation des excédents de nutriments issus de l’agriculture est également évoqué par le président comme une piste possible « comme ça se fait en Allemagne ». A défaut, la baisse des populations piscicoles constatée année après année lors des pêches électriques, risque de se poursuivre de façon inéluctable. Comme la mise en danger de la ressource en eau pourtant vitale.