Haut-Doubs. Le Bizot. Ce sera bien ce sera chouette l’Eco’lette

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L'ancienne maison de justice devenue bistrot reprendra-t-elle vie?

Une association est née dans le village du Plateau du Russey pour tenter de redonner vie à l’ancien café Chez Colette, autrefois aussi Maison de Justice. L’histoire n’est peut-être pas terminée !

C’était bien c’était chouette chez Colette… Au Bizot et aux alentours plusieurs générations se souviennent de cet établissement où on trouvait un café bien sûr mais aussi tabac, presse, bonbons, épicerie… Colette l’a tenu jusqu’en 2010, cessant son activité à l’âge de 87 ans.

Depuis, le petit bistrot de village n’a pas trouvé de repreneur mais la famille avait tenu à ouvrir quelques jours chaque année pour conserver la licence IV. A chaque fois, le public était au rendez-vous, entre nostalgie et espoir de voir l’estaminet ouvrir à nouveau ses portes et redonner vie au village.

Inutile de venir ici chercher le mobilier moderne des pubs urbains, les écrans partout pour suivre les événements du monde entier ni même des jeux bruyants et souvent dérangeants. Non, ici, le temps semble s’être arrêté, pas dans un passé révolu mais plutôt autour d’un état d’esprit. Certes, le décor n’a pas changé, entre le vieux poêle et les meubles en formica, c’est un peu comme une madeleine de Proust. Surtout, chez Colette, tout semble fait pour que les gens se rencontrent et se parlent, tout simplement.

On dit parfois que les lieux ont une âme. L’expression parait avoir été inventée pour ce lieu atypique. Pas question donc de le laisser sombrer peu à peu et de voir tomber cette maison en ruine et ce passé en lambeaux.

« Nous avons créé L’Eco’lette, une association d’énergies humaines souhaitant faire vivre à nouveau le café Chez Colette au Bizot » explique Maryse Mainier, membre de ce collectif. « Notre objectif est de continuer à faire vivre le café du village. Tous ensemble, notre première ambition est d’acheter ce bâtiment qui est en fait l’ancienne maison de justice et d’en faire à terme un café écocitoyen ». Une campagne de financement participatif a été lancée et se terminera à la fin de l’été (https://www.helloasso.com/associations/l-eco-lette)

« Dans cette bâtisse, nous voulons voir fleurir un espace culturel, de service, d’échange, de transmission, de partage, d’autonomie locale et d’accueil dans une dynamique de transition écologique ». Cinq objectifs ont été identifiés par l’association pour y parvenir : s’autonomiser, se retrouver, se cultiver, grandir, prendre soin.

« Nous souhaitons également mettre en avant dix valeurs qui nous sont chères et vont jalonner ce projet : bienveillance, durabilité, transmission, écologie, coopération, authenticité, équité, transparence, partage, mixité ».

Tout en conservant l’âme des lieux, l’Eco’lette (9 rue de la Rigole à 25210 Le Bizot) prépare donc une transition générationnelle afin de faire de ce café d’autrefois un lieu pour la mise en pratique d’un développement innovant, éthique, durable, solidaire et bienveillant.

« C’est un lieu de souvenirs où nous voulons juste repenser notre façon de vivre et de consommer ». Ce sera bien, ce sera chouette chez L’Eco’lette…

 

ENCADRE

La maison de Justice

La bâtisse qui fut jadis le café Chez Colette n’est pas qu’une simple maison de village. Plus qu’une âme, elle a une histoire. C’était en effet la Maison de Justice, l’ancien tribunal situé au centre de la commune, le lieu d’où les seigneurs de Réaumont ont rendu la justice jusqu’à la Révolution. “L’édifice de plan rectangulaire aux façades moulurées et sculptées est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 2001. Une inscription figurant sur une des fenêtres indique la date de construction de la Maison : 1527. A l’intérieur de cet édifice figurent notamment un escalier en pierre monumental, des plafonds à la française et une cheminée remarquable. Les fenêtres à croisées datent de la Renaissance, et on peut observer la tête du seigneur sculptée sur une cheminée extérieure. On remarque autour d’une fenêtre la sculpture d’une corde représentant la justice, qui pouvait mettre un terme à une vie, et sous la fenêtre, le bâton, emblème de l’autorité judiciaire”.

Plus anecdotique, la maison a été choisie en 2001 par Gérard Jugnot pour y installer une fausse devanture de café lors du tournage de Monsieur Batignole. Un décor qui est resté en place et intrigue toujours les touristes.