Haut-Doubs. Le centre de vaccination de l’Espace Pourny déplacé, avant une possible fermeture le 30 décembre

Après 10 mois de vaccination, salle des Capucins d'abord puis à l'espace Pourny depuis le 13 avril, le centre de vaccination de Pontarlier va à nouveau être déplacé à partir du 20 octobre, au Théâtre Blier. Durant cette période, 75 000 doses ont été distribuées. Aujourd'hui le personnel de santé et les bénévoles sont satisfaits du travail accompli mais aussi essoufflés.

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Le centre de vaccination de l’Espace Pourny sera déplacé au Théâtre Blier à partir du 20 octobre 2021.

À l’espace Pourny, le sentiment de travail accompli s’est aujourd’hui mêlé à un essoufflement général. Présents depuis 6 mois dans la salle multi-activités, les bénévoles et le personnel de santé avaient débuté la vaccination sur Pontarlier le 13 janvier 2021, salle des Capucins. Depuis, 75 000 doses de différents vaccins ont été distribuées auprès des habitants. «  Nous avons drainé beaucoup de personnes de Besançon qui n’avaient pas forcément de place là-bas, des Suisses aussi avec des résidences en France. Les frontaliers eux, se sont majoritairement fait vacciner de l’autre côté de la frontière. », analyse Laure Jagiello, responsable du centre de vaccination. À compter du 20 octobre, le centre de vaccination sera à nouveau opérationnel, au Théâtre Blier, qui accueillait jusqu’ici le centre de dépistage massif. Celui-ci sera délocalisé dans les anciens locaux de la police municipale.

Au plus fort de cette période intense, 3600 doses étaient administrées par semaine. «  Près de 600 par jour… Ce fut un très bon travail de la part de tout le monde, chaque journée nécessitait la présence de 52 personnes, médecins, infirmières parfois retraitées, mais aussi des bénévoles de la Croix Rouge, essentiels pour le bon fonctionnement. ». 

De 3600 doses par semaine à 700 aujourd’hui

Aujourd’hui le schéma vaccinal enregistre 65 000 personnes vaccinées « complètement ». L’opération de rentrée scolaire a attiré 250 collégiens et lycéens désireux de se faire vacciner, à l’espace Pourny ou au sein de l’établissement scolaire. « L’afflux de personnes s’est divisé par deux depuis la fin du mois d’août. On est passé à 1500 doses par semaine jusqu’à la mi-septembre et depuis nous tournons plutôt autour des 700. » Organisé face à cette baisse croissante, le personnel de santé fait le compte chaque soir pour avancer les vaccinations de certains patients et ne pas gaspiller des doses autrefois précieuses. «  Nous avions une file d’attente énorme il y a quelques mois, aujourd’hui c’est plutôt nous qui bataillons pour aller chercher les patients », sourit Laure Jagiello. 

Des interventions de polices face aux plus réfractaires 

Cette campagne de vaccination n’a pas été de tout repos, loin de là. La police a du intervenir à plusieurs reprises durant l’été, pour contenir des personnes de plus en plus agressives. « L’essoufflement est dû à deux raisons. D’abord parce que cette campagne dure depuis un moment, mais parce que la population visée est aujourd’hui très réfractaire. Il faut régulièrement intervenir face à des menaces de mort, des gestes. Ils s’en prennent au système et aux professionnels présents. Certains patients repartent et reviennent une fois calmée. D’autres arrivent à se calmer en parlant avec nous. Des gens qui ont peur et deviennent agressif ça arrive tous les jours », assure la responsable du centre. Cet été, jusqu’à 24 malaises ont été enregistrés sur les journées les plus chaudes. « L’angoisse d’avant-vaccination peut-être très forte et parfois il suffit que d’autres personnes voient un malaise se produire pour qu’il y est un effet dominos. »

Dès le mois de mars, l’équipe de l’espace Pourny organisait des vaccinations délocalisées, comme par exemple dans les maisons de santé. Ce mode de fonctionnement a repris depuis le début du mois d’octobre, car la troisième dose est obligatoire pour les personnes de plus de 65 ans ou immuno-déprimées. Les professionnels de santé sont également concernés. Un rappel que Laure Jagiello espère ne pas avoir à gérer. « La Croix Rouge a repris ses activités, les professionnels de santé veulent aussi retournés exercer leur métier habituel, tout le monde veut souffler et c’est normal. »

D’autant que les autres épidémies, grippes, gastro-entérite, explosent. « L’an dernier les gestes barrières avaient empêché cette diffusion des autres maladies très connues. Mais depuis que le public est vacciné, le masque, le gel hydroalcoolique sont délaissés et ça donne une explosion de cas de grippes et gastro. Si le centre de vaccination est maintenu nous devrons peut-être gérer différentes vaccinations », assure Laure Jagiello. La responsable, épaulée par le maire de Pontarlier Patrick Genre, ont fait une demande pour fermer le centre au 30 décembre 2021. Ce mercredi 13 octobre, leur demande n’avait pas encore reçu de réponse. 

Martin SAUSSARD