Haut-Doubs. Le CNA dresse le bilan “alimentaire” de cette année 2019

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Le CNA préconise un accès facilité à une alimentation de grande qualité nutritionnelle. Des dispositions qui ne peuvent se mettre en place qu'en étroite collaboration avec les politiques locales.

Le Centre National de l’Alimentation a sorti son rapport annuel sur l’alimentation des Français, mais également les préoccupations de ces derniers à ce sujet. Des pistes sont abordées et soumises aux autorités politiques.

Notre alimentation, mais surtout ses enjeux et nos propres craintes, ont été passés à la loupe par les membres du CNA qui dresse un état des lieux complet de nos habitudes alimentaires, de ce qu’elles engendrent économiquement, et sur notre santé. Les chiffres avancés sont parlants.
A commencer par la place que représente le budget “alimentation” dans les ménages français. Le CNA avance qu’il entre en 3e place. Toutefois, Anne et Valérie, deux jeunes mères de famille, ont un autre avis : “Je pense qu’il entre plutôt en 2e place, juste après le logement”, annoncent-elles d’une seule voix. Anne enfonce un peu plus le clou : “Oui, cela coûte de plus en plus cher de bien manger. Il y a 15 ans, on ne dépensait pas autant !” Des arguments que le CNA a entendus puisqu’il propose aux politiques locales de se pencher sur trois points précis, tournant tous autour du même thème : replacer l’individu au cœur du système alimentaire. Pour ce faire, il convient de donner la parole aux citoyens. Les bonnes questions doivent être posées, comme “Quelle agriculture et quelle alimentation voulons-nous ?”. Cette question fait sans doute écho à l’emploi massif de pesticides et au retour des Français à une alimentation plus saine, plus responsable. Le “fait maison” revient en force, comme l’exprime Sylvie, mère de trois enfants, vivant du côté de Frasne : “Il n’y a pas si longtemps, je remplissais mon congélateur de plats tout prêts, tellement pratiques à mettre au four le soir, en rentrant du travail. Mais un jour, je me suis penchée sur la composition de ces produits … et j’ai eu un haut-le-cœur ! Une liste d’ingrédients longue comme un jour sans pain, des additifs à la pelle … J’ai rapidement changé mon fusil d’épaule et me suis mise à faire mes propres plats, avec des produits frais. J’ai perdu 6 kilos, ai retrouvé la forme et mes enfants ne s’en portent que mieux !”
Sylvie pointe du doigt un phénomène que certains spécialistes n’hésitent pas à qualifier d’épidémie : l’obésité. Le CNA avance que 18% des adolescents en classe de 3e souffre de surpoids. En Bourgogne-Franche-Comté, 16% des adultes sont obèses. La moyenne nationale se porte à 14%. L’obésité devient un enjeu national majeur et des solutions doivent être trouvées et appliquées pour limiter, quand cela est possible, ces prises de poids excédentaire. Le CNA évoque donc une nouvelle piste : “donner à tous les moyens de comprendre et de décider en connaissance de cause.” Pour ce faire, le CNA évoque une éducation à l’alimentation, le développement de l’esprit critique et la mise à disposition d’une information fiable et claire sur l’alimentation. Il est beaucoup plus facile de faire des choix quand on sait de quoi on parle.
Enfin, le CNA préconise un accès facilité à tous à une offre adéquate. Chacun doit pouvoir bénéficier de produits de qualité tout en luttant contre les inégalités sociales et territoriales.

Un autre chiffre a fait grincer des dents le panel de personnes interrogées : nous produisons par personne et par an 65 kg de déchets ménagers et gaspillons 50kg de nourriture annuellement et individuellement. Séverine, de la Cluse et Mijoux, s’insurge : « C’est un monstrueux gâchis ! Comme pour beaucoup de choses d’ailleurs … » Anne préconise le retour aux bouteilles en verre, avec consigne, comme c’était le cas jusqu’au début des années 90. Les études vont dans le sens d’Anne puisqu’on estime que les consignes permettraient d’économiser jusqu’à 75% d’énergie et 33% en eau par rapport au recyclage*. Valérie ajoute : « Je trie mais après avoir visité une usine de traitement de déchets, je m’interroge sur le bien fondé du tri … Mais ceci est un autre débat ! »

*Étude reprise par la Fondation Nicolas Hulot

L’éducation à l’alimentation doit pouvoir commencer dès le plus jeune âge