Haut-Doubs. « Le masque, ça marche ! »

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Le port du masque, décrié par de nombreux détracteurs est, selon les professionnels du CPTS Haut Doubs Forestier, le meilleur de se protéger contre la Covid-19.

Le co-voiturage est une situation à haut risque de contagion. Il est primordial de porter un masque en permanence
Tel est le message que souhaitent faire passer les professionnels du CPTS du Haut Doubs Forestier face à des Français parfois frileux ou indécis.

Récemment créé, le CPTS du Haut Doubs Forestier est composé de professionnels de la santé de tout horizon. Laure Jagiello, directrice du SSIAD de Mouthe, Labergement sainte Marie et Pontarlier est la présidente du CPTS. Conjointement avec Cécile Ratte, médecin généraliste à la Cluse et Mijoux et Pierre-Marie Philippe, médecin généraliste à Levier, ils ont mis sur pied une campagne de prévention en faveur du port du masque, sur fond d’anecdotes positives, montrant l’importance de porter le masque chirurgical en toute circonstance. Pierre-Marie Philippe témoigne : « J’ai eu à ma connaissance, et rencontré moi-même, des situations prouvant bien que le port du masque a permis d’éviter la catastrophe. J’ai en tête le cas de ce monsieur âgé recevant la visite de son fils, revenu tout juste de vacances. Ce dernier présentait quelques symptômes d’un rhume qu’il a mis sur le compte de la climatisation. Il a toutefois respecté la distanciation sociale et n’a pas quitté son masque durant toute sa visite. Le lendemain, il a été testé positif à la Covid-19 ! Mais grâce aux gestes barrières appliqués, il n’a contaminé personne dans l’établissement où se trouvait son père, tandis que la grande majorité de sa famille a été testée positive. Une autre anecdote concerne deux personnes maintenues à domicile et positives à la Covid. Parmi tout le personnel présent auprès d’elles pour les soins du quotidien, aucun n’a été contaminé ! Ces anecdotes démontrent bien, à elles-seules, que le masque est indispensable pour barrer la route au virus. » Pour illustrer parfaitement le sujet, le médecin n’hésite pas à utiliser une métaphore employée à juste titre par l’un de ses patients : « Prenez le cas d’un troupeau de génisses qui représenteraient le virus. Bien cloîtrées, elles restent tranquillement là où elles sont. Mais laissez une seule brèche dans la barrière et elles s’échapperont à coup sûr ! Cette comparaison est parfaite : la moindre faille dans les gestes barrières et c’est la propagation du virus assurée ! »
Ces anecdotes légères et positives sont issues des constatations des médecins et ont pour mission d’asseoir le propos tout en évitant de sombrer dans la gravité et l’angoisse. Le masque est présenté comme la clé de voûte des gestes barrières, l’élément indispensable pour contrer la propagation. « Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un virus respiratoire ! » conclut Pierre-Marie Philippe.

Le vaccin et le port du masque

Le vaccin fait beaucoup parler de lui et devrait arriver en masse dans les prochains jours. Des centres de vaccinations, demandés par l’ARS (Agence Régionale de la Santé) vont rapidement voir le jour à Pontarlier et Morteau. Toutefois, Cécile Ratte tient à préciser quelques éléments : « Le vaccin, connu ce jour, évitera les formes graves de la maladie. Toutefois, il n’exclura pas la contagiosité ! Les gestes barrières, et notamment le port du masque, resteront obligatoires ! Il faut bien garder ceci en tête : ce vaccin n’empêchera pas d’être contaminé ! Il nous permettra simplement de résister et de développer des formes plus légères. Ce sont les personnes âgées qui développent les formes graves, c’est pourquoi le vaccin leur est proposé en priorité. Viendront ensuite les personnes fragiles, dites à risque. »

Pourquoi cette déferlante dans le Haut-Doubs ?

Le Haut-Doubs a été particulièrement touché par l’épidémie et reste en zone écarlate. Les raisons d’une telle dynamique virale sont multiples, et pas entièrement connues. On pense toutefois à un brassage frontalier, la politique de la Suisse concernant la gestion de cette crise étant différente de la nôtre. De plus, les frontaliers n’hésitent pas à co-voiturer pour se rendre sur leur lieu de travail, ce qui entraîne une propagation du virus particulièrement rapide : « Il faut entre 5 et 10 minutes pour être contaminés en voiture, en présence d’un cas positif, souligne Pierre-Marie Philippe. Là encore, et plus que jamais, le masque est indispensable, de l’entrée à la sortie de voiture. On ne le touche pas, on ne le retire pas ! » Autres situations à risque : les moments conviviaux. « On constate que bien souvent, on tombe le masque en arrivant chez nos amis ou dans la famille, pour boire le café par exemple. Dans ces cas-là, il faut toujours le conserver et si on le retire pour boire ou manger, on le fait à tour de rôle. Il ne faut jamais être deux sans masque ! »
Toutes ces informations sont à retrouver sur la page Facebook du CPTS Haut Doubs Forestier.