Haut-Doubs. Les abattoirs de Pontarlier font peau neuve

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Les abattoirs répondent à des demandes sociétales

Les abattoirs en règle générale n’ont pas bonne presse et sont souvent mal perçus par une large partie de la population pourtant amatrice de viande.

« Un vaste plan national mis en place par l’Etat vise à moderniser les abattoirs dans le but d’assurer une autonomie alimentaire française mais également de réhabiliter ces établissements au regard du consommateur, souligne Philippe Marguet, l’un des co-gérants. Des aides ont été débloquées, ce qui nous permettra de moderniser les locaux et la profession en vue de répondre aux attentes sociétales. »
Elodie Letondal, Philippe Marguet et Yves Louvrier, les co-gérants de la SCIC, ont donc défini un plan de modernisation selon des mots-clés énoncés par l’Etat. « A commencer par l’exemplarité, précise Philippe. Nous devrons nous montrer irréprochables dans nos pratiques et cela passe par différentes actions à mettre en œuvre. Nous allons nous pencher sur le bien-être de tous : l’humain, l’animal et l’environnement. Nous avons revu le fonctionnement de la bouverie et les cases à porcs. Nous allons, par exemple, installer des ventilateurs thermoréversibles, qui soufflent un air frais l’été et chaud l’hiver. Ces conditions de maintien limiteront le stress chez l’animal. Nous allons également installer des caméras avec enregistrement au sein du bâtiment afin de pouvoir prouver à tout moment que nous respectons les consignes d’abattage. De plus, nous allons modifier notre chaîne du froid qui, aujourd’hui fonctionne au gaz ce qui est très polluant, au profit d’un système d’eau glacée. Nos systèmes d’évacuation des déchets seront eux-aussi retravaillés afin de répondre positivement aux normes environnementales. Enfin, nous allons créer une nouvelle salle de découpe, d’environ 100m2, à destination de la consommation familiale mais également des bouchers qui souhaiteraient utiliser ce service. Si l’Etat confirme ses aides, nous pouvons espérer la restitution des travaux fin 2022. Pour ce faire, nous sommes également soutenus par la Chambre d’Agriculture et la Communauté de Communes du Grand Pontarlier. »
Les co-gérants insistent bien sur l’utilité des abattoirs : « Nous sommes un service de territoire, donc de proximité. Nombreux sont les éleveurs locaux qui nous amènent leurs bêtes. Il faut savoir que 90% des animaux qui viennent dans nos locaux font moins d’une heure de route ! Ils représentent environ 33% de notre clientèle. Un autre tiers concerne les grandes surfaces du Haut-Doubs qui s’approvisionne majoritairement en bêtes locales. Et enfin, le dernier tiers de nos clients est constitué des bouchers du haut-Doubs. »
L’abattoir de Pontarlier est une petite structure, qui a une autorisation d’abattage de 1500 tonnes par an. Une broutille face aux grands établissements qui font le même tonnage … à la semaine ! « Ce petit tonnage nous permet de conserver un service optimal auprès de nos clients, assure le gérant. Nous mettons l’humain au cœur de nos préoccupations et, par ricochet, le respect des animaux qui nous sont confiés. »
Enfin, Philippe Marguet conclut sur un point important : « L’abattoir se situe au centre d’une zone dynamique et fréquentée. Nous ne souhaitons pas qu’il devienne une verrue dans le paysage. Des travaux à visée esthétique seront eux-aussi menés dans les mois à venir. »
L’ensemble des aménagements prévus ne pourra se faire qu’à condition que les aides de l’Etat soient à la hauteur de ce qui est annoncé. Sinon, des choix seront opérés en fonction des travaux à réaliser en priorité.