Haut-Doubs. Les actes de cruauté sur les chevaux se multiplient

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Des actes de barbarie incompréhensibles sont perpétrés à l'encontre des équidés

Les mots ne suffisent pas pour exprimer toute l’angoisse et le dégoût que ressentent les propriétaires de chevaux, notamment ceux dont les animaux ont subi de graves sévices.

“Je me rends sur le pré tous les matins avec la peur au ventre, confie Élodie*, propriétaire de deux juments dans l’Est de la France. Quand je vois tout ce qui se passe, je suis terrifiée à l’idée que cela puisse arriver à mes chevaux.” Élodie, comme tous les propriétaires de chevaux de la France entière, tremble pour ses animaux. Depuis plusieurs semaines, des faits de barbarie perpétrés notamment contre les chevaux, et plus particulièrement les juments, mais également contre les ânes et même les veaux, sont recensés dans toutes les régions de l’hexagone.
Les tout premiers faits remontent à 2018. Des animaux avaient été retrouvés morts ou agonisants, affreusement mutilés et l’oreille droite sectionnée. Un mode opératoire sordide qui se répète surtout depuis début août, notamment dans une large partie Nord du territoire. Dernièrement, ce sont deux juments du Jura qui ont subi d’épouvantables sévices. Les constatations menées par les vétérinaires concluent que les auteurs de ces méfaits s’y connaissent en chevaux. Les animaux sont d’abord anesthésiés afin de les approcher et les mutilations, principalement sur les organes sexuels, démontrent une connaissance de l’anatomie de la victime.

Aucun mobile

Personne ne sait ce qui pousse ces individus à commettre ces crimes. Les enquêteurs ignorent s’il s’agit d’actes de groupes de personnes et d’un individu isolé. Quant au mobile, il est inexistant. Sont évoqués des rites sataniques, des paris morbides sur le net et même des tueurs en série d’animaux. Aucune piste n’est écartée et la Fédération française d’équitation a annoncé la semaine dernière qu’elle se portait partie civile aux côtés des propriétaires de chevaux, poneys et ânes qui ont été tués ou mutilés ces derniers mois. Les enquêtes se poursuivent en France mais également en Allemagne et en Belgique où des faits similaires ont été recensés.

Des propriétaires traumatisés

Le traumatisme est vif chez les propriétaires dont les animaux ont été la proie de ces malfaiteurs. Ces actes de barbarie gratuite suscitent l’indignation chez tout un chacun et les éleveurs sont désormais sur le qui-vive, comme l’explique Élodie : “J’ai dû installer des caméras de surveillance tout autour de mon pré. Je les ai dissimulées dans les arbres et des pancartes préviennent de leur présence le long de la clôture. Malgré tout, cela ne m’empêche pas d’avoir peur !”
* Prénom d’emprunt