Haut-Doubs. Les agriculteurs entrent en résistance

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Le climat change. Le métier d'agriculteur doit donc lui aussi évoluer.

Comme GEDA 2000 (Groupe d’Etude et de Développement Agricole) qui regroupe 18 exploitations du secteur de Pierrefontaine-les-Varans, les agriculteurs sont nombreux à s’interroger sur l’avenir de leur activité face aux changements climatiques.

Le constat est sans appel depuis plusieurs années déjà : le climat change et le réchauffement a un impact sérieux sur les récoltes agricoles. Il est donc indispensable de trouver des solutions durables face à ce phénomène qui semble irréversible.

« Le projet RESYSTH (REsilience des SYSTèmes Herbager) est mis en place par les chambres d’agriculture pour faire face aux aléas climatiques dans le Massif du Jura, et réalisé en partenariat avec les filières et organismes de conseil agricole et les collectivités locales notamment » explique Aline Loberger, conseillère à la chambre d’agriculture du Doubs et du Territoire de Belfort. « Ce dispositif vise à qualifier et quantifier les effets du changement climatique, partager ces résultats avec les acteurs du territoire et les impliquer dans la recherche de solutions puis identifier des pistes d’actions et les tester pour améliorer la résilience des systèmes ».

Concrètement, ce travail sera mené en trois temps avec d’abord un partage ensemble des observations à partir d’indicateurs technico-économiques comme la pousse de l’herbe, la production de lait, les résultats de fermes de références ou le stress hydrique des sols, puis une projection sur les effets attendus et l’identification des pistes d’adaptation. Viendra ensuite le temps dans quelques semaines d’élaborer une feuille de route collective pour le territoire ainsi que les feuilles de route individuelles pour les éleveurs puis d’établir ensuite une synthèse.

« A l’issue de ce programme, les enseignements tirés seront valorisés auprès de l’ensemble des agriculteurs du Massif du Jura, des conseillers agricoles, de l’enseignement agricole… ». Des pistes peuvent d’ores et déjà être évoquées comme l’introduction de semences plus tenaces et résistantes à la sécheresse ou encore l’adaptation du nombre d’animaux à la capacité de production fourragère de l’exploitation pour avoir une quantité de nourriture suffisante pour le bétail.