Haut-Doubs. Les Bréseux. Jean-Baptiste Monnet président de Montbéliarde Association

1283
Jean-Baptiste Monnet, agriculteur aux Bréseux, est un fervent défenseur de la vache Montbéliarde.

Agriculteur installé aux Bréseux depuis 2003, Jean-Baptiste Monnet dirige avec son frère Alexandre une exploitation d’élevage de vaches laitières produisant du lait pour l’AOC Comté. Fort d’un solide parcours associatif, il vient d’accéder à la tête du parlement national de la race Montbéliarde.

Devenu il y a 10 ans administrateur du syndicat des éleveurs Montbéliards du Doubs, il a accédé en ensuite à la présidence de cette structure, proposant aussitôt avec son équipe d’accueillir le concours national de la race à Montbéliard. « Ça n’avait pas été fait depuis 30 ans dans le département » souligne-t-il. Le Vache de Salon était né, rassemblant en novembre 2019 autour du syndicat de la Montbéliarde, les jeunes agriculteurs et les jeunes éleveurs du Doubs, Terre d’élevage et l’association du cheval de trait comtois. Une véritable fête de l’agriculture et au-delà même, une formidable vitrine pour le terroir. « Pour les organisateurs comme pour les visiteurs et les partenaires, ce rendez-vous a été une vraie réussite collective ». Aux manettes de l’événement, Jean-Baptiste Monnet a montré sa capacité à fédérer, ce qui lui a valu il y a quelques semaines d’être sollicité pour prendre la présidence de Montbéliarde Association, dont il est administrateur depuis 2017 : « C’est le parlement national de la race. Il rassemble 11 270 élevages dans tout le pays ». Un engagement fort pour l’agriculteur du Haut-Doubs : « C’est prenant mais c’est vraiment passionnant…tout en gardant toujours à l’esprit que j’ai mon métier à assurer ici ».

Diriger une telle association demande en effet un investissement à la hauteur de l’importance de la tâche. Montbéliarde Association doit en effet gérer le livre généalogique de la race, veiller au standard de la race, être le garant de sa préservation et de son développement tout en apportant des conseils aux éleveurs et en faisant la promotion de l’animal.  Pour bien comprendre l’importance de la Montbéliarde en France, rappelons qu’on compte 1 154 000 femelles représentant environ 18% des effectifs laitiers. Par ailleurs, le nombre de semences exportées par les entreprises de sélection est passé en dix ans de 520 000 doses annuelles à 990 000.

« Pour l’instant, le dossier qui nous préoccupe est le nouveau règlement technique européen qui pourrait instaurer une  concurrence à intra-race et que nous estimons être un risque pour la pérennité de la Montbéliarde » explique le président. Conscient de la nécessaire évolution de la race comme c’est le cas depuis des décennies, l’association sait devoir notamment s’adapter au changement climatique. « La population doit aussi prendre conscience qu’un éleveur n’est pas qu’un simple producteur de lait et que nous sommes conscients et soucieux des problèmes environnementaux par exemple ».  A travers la vache montbéliarde, c’est donc la place même des agriculteurs dans la société qui est en question.

Le président de Montbéliarde Association entend donc avec son équipe y travailler, insufflant une dynamique pour donner plus de visibilité et se projeter dans l’avenir. « C’est par nos différences et en étant à l’écoute les uns des autres que nous avancerons ».