Haut-Doubs. Les chaleurs de cet été auront encore été excessives

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La canicule a encore sévi cette année et échauffé les esprits au passage. Retour sur un été encore très (trop) chaud.

L’an passé, nous avons connu un été remarquable par ces longs mois de sécheresse et des épisodes de canicule difficilement supportables. L’année 2020 a fait pire …

Cette année 2020 est décidément bien étrange et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la météo ne nous a pas non plus épargnés.
Tout a commencé en mars, et je ne parle pas de la pandémie, mais bien du déficit hydrique que commence à enregistrer le département. Le soleil s’est montré généreux dès le début du printemps et les températures ont été des plus agréables. Mais les nappes phréatiques déjà fragilisées par deux années consécutives de sécheresse importante souffrent du manque de pluie. Et les épisodes pluvieux connus en avril et mai ne suffisent pas à les renflouer. Dès la mi-juillet, la préfecture du Doubs appelle la population à la plus grande vigilance et instaure des interdits et des restrictions concernant l’usage de l’eau. Le 5 août dernier, on passe un cran et le département passe alors en vigilance renforcée.
Une fois de plus, le Doubs a disparu entre Pontarlier et Morteau, obligeant des amoureux de la faune à tenter de sauver près de 500 kilos de poissons en les transportant vers des plans d’eau plus accueillants. Le Saut du Doubs, quant à lui, est à sec. Les températures excessivement chaudes et un vent souvent soutenu ont favorisé l’évaporation naturelle de l’eau.

Des épisodes caniculaires suffocants

Alors que les températures s’emballent, frôlant les 40° pendant plusieurs jours consécutifs, d’aucuns déclarent nonchalamment que ce n’est que l’été, que tout ceci est parfaitement normal et qu’il ne manquerait plus qu’on se plaigne ! Face à cela, Joris et Ilyès, véritables spécialistes de la météo franc-comtoise*, ont poussé un véritable coup de gueule, largement repris et commenté tant il sonnait juste et remettait les pendules à l’heure. Ils rappellent que l’alerte canicule avait été créée en 2004, suite à l’épisode meurtrier de 2003 qui avait coûté la vie à 15 000 personnes, et qu’elle s’échelonne en trois niveaux (jaune, orange et rouge). L’alerte de vigilance rouge a été déclenchée cet été pour 15 départements alors que depuis sa création, elle ne l’avait été que trois fois : en juin et en juillet 2019 ainsi que cet été. C’est dire si ces deux dernières années marquent un tournant dans le climat général. Le 7 août notamment fut une journée mémorable par la flambée des thermomètres qui n’hésitaient à pas à flirter avec les 40° dans de très nombreuses villes françaises. Cet été, nous avons connu deux épisodes de canicule. Le premier a été marquant par son intensité et le second par sa durée (une semaine). Tous deux se sont succédé à quelques jours d’intervalle, durant lesquels nous avons pu souffler un peu.
D’autres effets, autres que ceux sur la santé, la faune et la flore, sont à noter sur notre écosystème en général. Ainsi, comme le soulignent les deux jeunes passionnés de météorologie, les glaciers souffrent de cette situation. A titre d’exemple, le glacier de Courmayeur a été l’objet de grandes inquiétudes. Les spécialistes craignaient en effet que les fortes chaleurs ne le fassent s’effondrer en ce début août. Et alors que l’isotherme (soit la température comprise entre 1° et -1°) se situe en cette saison en moyenne autour de 4500m, il était remonté à plus de 5000 mètres, soit au-delà du Mont Blanc.

ENCADRE
Qu’est-ce qu’une canicule ?
Une canicule est un épisode de fortes chaleurs ressenti sur plusieurs jours et plusieurs nuits. Les seuils sont propres à chaque département qui déclenche le plan canicule en fonction des conditions météorologiques du moment.
* Page Facebook Météo Franc-Comtoise

Même les soirées n’apportaient pas de fraîcheur salvatrice