Haut-Doubs. Les entreprises prêtes à recruter

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Certains métiers sont toujours en tension notamment à cause de l'attrait de la Suisse...

Comme chaque année, Pôle Emploi dresse un état des lieux des besoins en main d’œuvre sur le secteur frontalier. Malgré la crise, les recrutements sont au rendez-vous avec toujours les mêmes difficultés.

Premier constat, la zone frontalière qui couvre le Pays Horloger et les Portes du Haut-Doubs ainsi que le secteur de Pontarlier et le Haut-Doubs forestier affiche un taux de chômage de 5,8%, deux points de moins que la région Bourgogne Franche-Comté dans son ensemble. On compte un peu plus de 5000 demandeurs d’emplois sur chacun des deux secteurs cités.

« Nous avons enregistré 3500 projets de recrutements annoncés par les entreprises, un chiffre comparable à 2019 (difficile en effet de comparer avec 2020…) » se réjouit Nathalie Poisot, directrice de l’agence Pôle Emploi de Morteau qui ajoute qu’une grande partie prévoient des CDI (contrats à durée indéterminée). Le bassin d’emploi se caractérise par de nombreux mouvements et des besoins en main d’œuvre dus à des départs ou dans une moindre mesure à de nouvelles activités et un surcroit de travail. « Pour l’agence de Morteau, les postes à pourvoir se trouvent principalement dans l’industrie manufacturière, l’aide à domicile et l’animation socioculturelle » poursuit-elle. « Pour l’agence de Pontarlier, les besoins se concentrent principalement dans les services et le commerce » ajoute Céline Demoly, directrice de l’agence Pôle Emploi pontissalienne qui constate aussi localement des besoins en saisonniers dus à l’activité touristique.

Question récurrente, quelles sont donc les raisons qui mettent certains métiers sous tension ? Réponse des entreprises : la pénurie de candidats et les profils pas adaptés ainsi que parfois des difficultés liées à la mobilité ou à s’adapter au poste proposé. Mais bien entendu, les regards se tournent vers les voisins suisses avec leurs salaires attrayants contre lesquels les patrons français ne peuvent pas lutter. Leurs seules armes restent les conditions de travail et les divers avantages qu’ils peuvent proposer, sachant que seule une partie y est sensible, surtout à partir d’un certain âge où l’envie de retrouver la France et d’éviter de longs trajets se fait sentir.

 

 

Le cas de SIS à Avoudrey

Déjà forte de 1000 salariés dans le Doubs dont une grande partie à Avoudrey, l’entreprise de maroquinerie de luxe note une forte reprise d’activité qui la conforte dans sa politique de recrutement. Pour 2021, plus de 200 postes sont à pourvoir. Dans le cadre d’un partenariat étroit avec Pôle Emploi, SIS élargit sa base de recrutement en faisant appel à des profils plus variés et s’attache à donner à voir dès le départ la réalité des métiers et donc des tâches proposées. Des tests pratiques sont ensuite réalisés pour vérifier les aptitudes et afin que les candidats aient bien conscience du quotidien qui sera le leur avant d’entamer une formation plus poussée.