Haut-Doubs. Les Fins. Julie Neugnot, footballeuse

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Julie Neugnot ici à droite en compagnie d'Eugénie Le Sommer, meilleure buteuse de toute l'histoire d.es bleues

Cet article aurait pu être titré « Crampons aiguilles » et expliquer qu’on peut être une femme, jouer au foot et rester féminine. Mais Julie Neugnot n’en est plus à se poser ce genre de questions. Elle joue. Depuis plus de 20 ans. Et quand elle en parle, il est question de sport et c’est tout.  

Quand elle chausse pour la première fois des crampons il y a 22 ans déjà, le foot féminin n’en est qu’à ses balbutiements. La victoire de l’équipe de France masculine n’a pas encore eu d’effets sur l’engouement des jeunes, filles comprises, et leurs homologues féminines n’ont pas encore émergé au niveau médiatique. « J’ai juste suivi un copain qui m’a demandé si j’avais envie de jouer dans le club de mon village à Deluz » se souvient Julie Neugnot. Elle a alors 8 ans et va pendant quelques années être opposée à des garçons souvent rieurs en la voyant en face d’eux : « J’entendais régulièrement Oh regarde une fille…et ils pensaient que ce serait facile mais après quelques minutes ils comprenaient que ça ne m’impressionnait pas ! ». La jeune fille, déjà solide dans son poste de milieu de terrain, garde de cette époque le souvenir d’une très bonne ambiance dans son équipe qu’elle va pourtant devoir quitter, âge oblige.

Dès 14 ans, elle rejoint Baume-les-Dames et va poursuivre en évoluant en Division Honneur féminine, le plus haut niveau régional. Elle croisait alors sur les pelouses des coéquipières et adversaires déjà maman, parfois elle aurait même pu être leur fille… Malgré sa timidité, elle va réussir à s’imposer et après dix années dans ce club, Julie signe au Racing Besançon. C’est là qu’après un beau parcours en coupe de France, elle va vivre le match de sa vie contre les professionnelles de l’Olympique Lyonnais, multiples championnes de France et d’Europe ! « C’était en 2018, on avait face à nous des joueuses comme Le Sommer et de nombreuses internationales. On n’a pas réalisé d’exploit mais ça reste un souvenir inoubliable ».

Puis, au gré des déménagements, c’est à aux Fins que Julie Neugnot pose valises et crampons : « Le club vient d’accéder en Régionale 1, le défi est intéressant, le club accueillant et l’ambiance entre filles excellente » explique celle qui s’est très vite imposée ici au point de se voir confier le brassard de capitaine. Elle entend bien profiter pleinement des trois ou quatre années de carrière qui sont encore devant elle pour maintenir l’équipe à ce très bon niveau et faire profiter ses coéquipières de son expérience. Avant peut-être d’endosser une autre tenue et de devenir entraîneur.