Haut-Doubs : les forêts victimes du scolyte

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Un simple coup d'oeil suffit à constater les dégâts.

Depuis des années, les forêts locales subissent une véritable et inexorable évolution. Le réchauffement climatique favorise en effet la prolifération d’insecte qui mettent à mal l’emblématique épicéa.

Des épines qui tombent, des arbres qui brunissent, une écorce fragilisée…les épicéas souffrent. Leur ennemi, un tout petit insecte qui fait des ravages dans les massifs du Haut-Doubs notamment : le scolyte. Adulte, celui-ci pond 1000 œufs. Autant dire que faute de l’éradiquer, sa progression peut très vite être démesurée. Le problème est que son développement est constaté les années chaudes, ce que nous constatons de plus en plus souvent durant la dernière décennie. Des étés chauds voire même caniculaires qui succèdent à des printemps eux aussi hors-normes, des hivers pas assez froids et insuffisamment enneigés pour éliminer cet insecte résistant… au final, l’évolution climatique est un précieux allié du scolyte avec tous les ingrédients pour qu’il poursuive ses ravages.

A moyen terme, un demi-siècle tout au plus, un laps de temps très rapproché à l’échelle de l’évolution des espèces, a présence de l’épicéa est fortement compromise dans les régions de basse altitude, soit environ à 1000 mètres et en-deçà, là où justement il est omniprésent et emblématique dans les paysages du massif.

Pour faire face les propriétaires privés et les communes n’ont qu’une solution : couper et essayer de vendre au meilleur prix possible. Le marché se retrouve donc très vite saturé avec donc l’obligation de vendre plus loin sur le territoire ou encore d’exporter ce qui avec le transport augmente les coûts. Sans oublier une chute des cours car le bois vendu n’est pas de qualité…

Au final, pour les collectivités locales notamment, les recettes chutent de façon vertigineuse. Dans le meilleur des cas, les ventes couvrent tout juste les frais d’exploitation et amputent très sérieusement le budget qui pour être équilibré devra s’appuyer sur d’autres recettes mais qui celles-là ne repoussent pas.